Court récit, Sur la plage du Chésil se remplit d'émotions et nous plonge dans une révolution intérieure passionnante.
Comment faire l'amour lorsque personne ne vous a mis au courant? Comment abandonner tous ses préjugés au moment de passer à l'acte? Est ce qu'un mariage a du sens si on ne se connait pas sexuellement?
Edward pense que tout va bien se passer avec Florence, sa jeune épouse. Il ne sait pas trop comment ca se passe mais il imagine qu'une osmose naîtra après la signature des registres.
Florence semble plus réservée. Elle a peur de sa nuit de noces. Virtuose de la musique, elle se révèle fragile dans les relations amoureuses. Elle pourrait mettre être dégoûtée par ce moment tant attendu.
Dans un petit hôtel, leur première nuit de couple décidera de la suite. C'est pourquoi on fera quelques bonds dans le temps. Pour comprendre leur manque de connaissance sur la sexualité.
Ian McEwan nous parle d'une Angleterre aride et froide, celle du début des années 60, à l'image de la plage qui est en face de l'hôtel. Rapidement, il nous enferme dans une angoisse existentielle douloureuse mais heureusement cocasse.
C'est passionnant de découvrir l'éducation des deux jeunes adultes, amputés de toute une partie pourtant essentielle. Mais le fiasco est inévitable. On n'en dira pas plus mais Sur la plage du Chésil est un livre cruel, malicieusement rédigé où l'innocence peut entraîner des catastrophes insoupçonnables.
Court mais fort, le livre démonte les dangers de l'Amour et ne s'arrête pas à la dénonciation d'une prude époque mais montre aussi l'idéalisation de l'autre comme une faute grave.
Ian McEwan continue d'être une juge habile qui a l'art de nous faire accepter les sentences les plus dures.
Redoutable !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 17/03/2010