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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Supergrave

Supergrave

Greg MOTTOLA

Avec Jonah Hill, Michael Cera ,Christopher Mintz-Plasse et Seth Rogen Sony pictures – 31 octobre 2007 – 1h52

Et ta critique ?




Méfiez vous des apparences : Supergrave, s’il mérite son titre, vaut bien mieux que la série des American Pie. Ne faisant jamais dans la dentelle, Supergrave se hisse sans problème comme l’une des références dans la comédie sur et pour les adolescents libidineux… Même les plus vieux devraient s’amuser !


Le film pour teenagers est un genre à part qui se renouvelle tous les dix ans. On a eu droit aux Porky au début des années 80. John Hughes a su transcender le genre avec Breakfast club ou Ferris Bueller. Les années 90 furent celles des American pie et Supergrave, en 2007, devrait s’imposer comme une date.

Car le film prend la tangente des sentiers battus par de gros sabots de producteurs à la recherche du succès facile, avec de la minette sans cerveau, de la blague salace et de la bière qui fait roter. Dans Supergrave, les héros sont de gros ringards, obsédés de la fesse et complètement associaux.

Greg Mottola, réalisateur il y a dix ans du désopilant et indépendant En route pour Manhattan, boude les clichés du genre, trop identifiables, trop utilisés et, disons le, trop stupides. Aidé par l’acteur scénariste Seth Rogen et le producteur Evan Goldberg, le réalisateur propose ici la revanche de nerds, pour reprendre le titre d’une très mauvaise comédie. Supergrave raconte la difficulté d’embrasser une fille quand on est mal dans sa peau, obsédé sexuel et habitué aux pires sévices de la part de ses camarade de classe.

Car Evan, Seth et Fogell ne sont que des ombres dans les couloirs du lycée. Ils ne sont pas très beaux. Ils s’habillent avec un sens rare du mauvais goût. Ils se font maltraiter par les plus costauds. Ils leur restent l’amitié pour subsister dans ce monde de brutes.

Ils doivent aussi en profiter car ils vont être bientôt séparés pour suivre leur cursus universitaire. Bien entendu, avant la fac, ils ne veulent plus être puceaux et ils veulent se servir d’une soirée pour devenir des hommes, des vrais !

Rien n’ira pour ce trio d’adolescents qui vont vivre une soirée plus qu’agitée. On retrouve tout l’humour de l’équipe de 40 ans toujours puceau : beaucoup de vulgarité assumée et une infinie tendresse. Supergrave respire la vérité de cet âge difficile et ne la glorifie jamais. Les héros sont des imbéciles, touchants et détestables. Ce sont des branleurs dans tous les sens du terme.

Les scénaristes et le réalisateur ne les épargnent jamais. Ce n’est pas du Gus Van Sant. Un adolescent américain est un extraterrestre, pour les plus grands et pour lui-même. Les auteurs se moquent de cette période, qui fait pourtant rêver encore les adultes. Dans le film, être policier, c’est tenter de prolonger ce moment particulier de l’existence.

Mais le film n’est pas si réfléchi que cela : c’est une comédie outrancière et qui s’en amuse constamment. Il y a du vomi, des jolies donzelles, des abrutis à châtier et des vannes excessives. Il y a surtout de l’affection de la part des auteurs. C’est une sympathie faite de flatulences et d’excès plus ou moins avouables.

Le refus d’observer la jeunesse par le prisme du politiquement correct (comme les American Pie où la morale est toujours sauve) fait de ce film, une sorte de pied de nez inconséquent mais très plaisant. Et il n’y a pas que les jeunes qui y trouveront leur compte !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 29/10/2007