Ceux qui détestent Jack Black, comique expansif, ne doivent pas voir Super Nacho. Ceux qui veulent découvrir une drôle de comédie, inégale mais courageuse, doivent se précipiter devant Super Nacho.
Jack Black n’est pas le plus discret des comédiens. Aperçu dans des seconds rôles, il se fait remarquer dans l’excellent High Fidelity de Stephen Frears où il joue un vendeur de disques extrémiste. Les années 2000 rendent hommage à son drôle d’humour, entre beauferie et contre culture. Bankable depuis Rock Academy, Jack Black fait ce qu’il veut et se fait écrire des rôles sur mesure.
C’est le cas dans Super Nacho. Il y joue un petit moine mexicain, maltraité par ses camarades, qui décident de se lancer dans le catch pour subvenir aux besoins de l’orphelinat et en profiter pour plaire à la jolie sœur qui vient d’arriver. Véhicule pour star, Super Nacho semble écrit à la gloire du comique. Cependant le ton est tellement décalé que le film se découvre une vraie originalité.
Le film vient de l’esprit dérangé de Jared Hess. Pas connu dans nos contrées, ce cinéaste s’est fait un nom en réalisant un petit film qui a cartonné aux Etats-Unis, Napoléon Dynamite (avec Jon Heder, le héros de L’école des dragueurs). Le film est culte et a révélé un auteur au style bien particulier.
Au service de la star de King Kong, Jared Hess ne perd rien de son étrange ton. Super Nacho est une comédie qui fuit l’efficacité hollywoodienne. Au point de dérouter. A ce titre, le film a un rythme assez nonchalant. C’est une succession de sketchs autour du personnage de Nacho, le moine catcheur complètement à coté de la plaque. Comme dans son précédent film, Hess filme cela avec un sens du décalage qui pousse l’œuvre vers l’abstrait et l’absurde.
Complètement débridée, la réalisation permet au film d’éviter les pièges de la grosse comédie. Bien entendu, quelques blagues sont bien graveleuses mais le réalisateur s’oppose avec un recul souvent juste et souvent hilarant.
Vous l’aurez compris : Super Nacho a tout de l’ovni déconcertant. Parfois raté, parfois exalté, ce délire ne laisse pas insensible. C’est de toute façon, une très belle qualité !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 19/05/2007