Avec Joel Courtney, Elle Fanning, Kyle Chandler et Noah Emmerich - Paramount - 3 aout 2011 - 1h50
Et ta critique ?
JJ Abrams rend hommage à Steven Spielberg. Le monde de l'enfance inspire un blockbuster touchant et enthousiaste.
A la recherche du temps perdu! A une époque pas si lointaine, il n'y avait de téléphone portable ou d'appareils photos numériques. On devait attendre plusieurs jours avant de voir les photos que l'on prenait. Pour tourner un petit film, on avait besoin d'une petite caméra 8mm. Pour certains d'entre nous, cette époque relève de la préhistoire.
A une certaine époque, les extra terrestres n'étaient plus d'affreuses créatures, avides de conquérir notre petite planète bleue ardemment défendu par les Etats Unis d'Amérique, dernier rempart de la liberté. Avec Rencontres du 3e type et E.T., les aliens étaient devenus presque fréquentables!
Au début des années 80, Steven Spielberg révolutionnait l'entertainment avec un mélange d'aventures naïves, de mise en scène solide et une pratique habile des effets spéciaux. Jusqu'à Jurassic Park, Spielberg était un magicien. Après La liste de Schindler, il est devenu un réalisateur responsable et passionnant.
JJ Abrams est vraiment le successeur de Spielberg. Avec Alias et Lost, il a prouvé qu'on pouvait encore surprendre en matière de fantastique et d'aventures. Avec Mission impossible 3 et Star Trek, il démontrait un profond respect pour la contre culture devenu l'étendard de la génération geek!
Avec Super 8, il renoue avec le style innocent des premiers Spielberg (présent sur le projet comme producteur). Pour Abrams, le monde de l'enfance se construit sur l'image et surtout la fiction. Les meilleures scènes de Super 8 sont celles où les enfants réalisent leur film et prennent conscience de leurs problèmes de jeunes adolescents. Super 8 est d'abord un hommage au cinéma et ses vertus!
En 1979, Joe, à peine remis de la mort de sa maman, voit sa vie bouleversée par deux événements. La jolie Alice accepte de jouer dans le film d'horreur que réalise son meilleur pote, Charles. Un train déraille à proximité de la ville et sa cargaison est plutôt inhabituelle: un monstre de l'espace.
JJ Abrams cache au maximum sa créature. Comme Spielberg à ses débuts, ce qui le fascine c'est l'angoisse du héros et de sa petite bande. Ce qui l'amuse c'est ce mélange de problèmes existentiels et sa réponse surnaturelle. Ce qu'il adore, c'est ce regard d'enfant, fait de peurs et d'imagination, sur le monde des adultes.
Ce qui entraine une bonne dose de sentimentalisme, gonflé artificiellement par l'intervention parfois intempestive des pères de Joe et Alice. Pourtant JJ Abrams réussit, jusqu'à un final un peu trop vite expédié, à mettre en scène ses petits héros avec une affection qui transpire vraiment sur la pellicule.
L'amourette entre Alice et Joe n'est pas niaise. Le retrait du meilleur ami pour laisser sa place à une petite amie est une belle idée. Les tics et les tocs des copains offrent des scènes drôles et touchantes. On excuse ainsi les deux trois erreurs autour du monstre (féroce mais gentil quand même) et une vision un peu ridicule de l'armée et ses agissements forcément malveillants.
Super 8 ne fait pas dans la nuance pourtant JJ Abrams nous séduit avec ce doux charme d'antan. L'enfance et l'adolescence sont les plus belles périodes pour se raconter des histoires. Des histoires qui construiront l'existence autour des doutes et des espoirs. Ce sont des sources d'inspiration pour de grands conteurs comme Spielberg et désormais JJ Abrams!