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Dimanche 05 Février 2012Livre

 Suite(s) imperiale(s)

Suite(s) imperiale(s)

Brett EASTON ELLIS

Pavillons Robert Laffont

Et ta critique ?




Evénement de la rentrée littéraire: le nouveau Brett Easton Ellis... Ce dernier assure le se(r)vice minimum !


Suite de Moins que zéro, Suite(s) impériale(s) est le septième roman de Brett Easton Ellis, gardien des années 80 et de la provocation la plus hardcore. Sous des airs très policés et précis, l'écriture de Ellis sonde le mal absolu qui souvent brille le plus fort en Amérique. C'est son point de vue!

American Psycho, Glamorama, Lunar Park, des bouquins impressionnants qui mêlent la fiction, la réalité, le cauchemar, le trip et nous emmènent dans des profondeurs de l'inconscient que même les petits malins d'Inception ne voudraient pas visiter.

Le style de l'écrivain prend aux tripes et souvent dénonce la violence crasse et l'individualisme forcené et sadique de ses contemporains. Ce n'est pas de tout repos de lire un Brett Easton Ellis.

Suite(s) Impériale(s) rassure. Il est très court. Les phases d'hyper violence devraient se réduire au maximum. Mais elles sont présentes. La fin nous met une petite claque.

C'était l'effet sûrement attendu par l'auteur. Il ressort tous les héros désenchantés de son premier roman. Les étudiants sont devenus des producteurs, des scénaristes ou des macros. Clay revient à Los Angeles pour choisir les acteurs d'un film basé sur un de ses romans (Moins que zéro). Il retrouve ses anciens amis d'université. les aigreurs, les déceptions et les coups vache ont rendu un peu plus cynique la petite bande.

Ils sont devenus des êtres flippants, des vampires qui squattent les soirées pour passer une nuit avec des serveuses qui veulent devenir actrices. Comme nous sommes chez Ellis, la paranoïa est omniprésente. Les riches sont des monstres qui s'ignorent.

Le héros est harcelé par des messages sur son iphone. Ses anciens amis ont des moeurs bizarres ou complètement illégales. On replonge dans l'enfer des riches, dénués de scrupules.

C'est un peu vain. Avec ses trois derniers romans, Brett Easton Ellis faisait beaucoup mieux. Le sens du détail nous perdait réellement dans une ambiance particulière propre à l'auteur. Un vrai cauchemar américain.

En reprenant l'écriture plus directe de Moins que zéro, il semble moins concerné et passionné par ses personnages inquiétants. Il assure le job. Il le fait très bien. Son goût pour la mise en abime ressemble à un gadget. On apprécie sa vision déglinguée du rêve hollywoodien mais l'existentialisme noir de l'auteur ne surprend plus.

Il copierait même, certes de manière élégante, l'étrange film de David Lynch, Mulholland Drive. Comme beaucoup de séquelles hollywoodiennes, cette suite ne semble pas vraiment nécessaire.

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Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 01/09/2010