La modestie et la pop s'entremêlent parfaitement dans ce bois, nouveau lieu de villégiature d'un groupe conquérant et discret.
The Nits est un groupe néerlandais qui vient de fêter ses trente cinq années d'existence. Une longévité impressionnante mais surtout une épopée trop silencieuse autour d'une pop fleurie.
Apprécié en France, le groupe de Henk Hofsede ne fait jamais de vague. Depuis 1974, les Nits distille des mélodies d'une subtilité rare, qui se moque des modes et le trio fuit le bruit et la fureur. La pop rassure.
Cela n'a jamais empêché des expériences dans d'autres genres mais le groupe s'identifie par cette écriture douce et apaisée. Le petit bois qu'il nous propose de découvrir est donc rassurant.
La première chanson donne l'impression d'avoir été entendue. Avec une touche de mélancolie, le trio d'Amsterdam vieillit paisiblement et cultive son sens de la mélodie imparable. Hawelka donne le ton d'un album qui se laisse visiter.
En toute discrétion, cette chanson nous enveloppe dans une riche composition qui donne le ton d'un disque calme mais jamais soporifique. Habiles, les musiciens bercent l'auditeur avec quatorze chansons parfaitement produites.
Le classicisme est célébré ici. Après quelques décennies de dense activité (il est très difficile de répertorier la discographie du groupe qui a toujours refusé de publier en CD leurs premiers méfaits, trop durs à leur goût), on n'en voudra pas à Hofsede et ses compagnons de se reposer sur des bases qui de toute façon apparaissent très solides en une seule écoute.
"Strawberry wood" a un fort pouvoir d'attraction. On se surprend à fredonner rapidement tous les titres. Les Nits ont l'art de la chanson à l'évidence immédiate. C'est sûrement ce qui les rend si attachants et surtout si résistants au temps.
Pour la nouveauté, il faudra repasser mais pour pénétrer dans le bois des Nits, ce disque est une entrée abondante de bons morceaux.