On ne savait pas ce qu’elles pourraient nous réserver. Faisant suite à un premier album magnifique d’élégance & de grâce, les 3 Dianes qui composent Au Revoir Simone, trio pop-electro à synthés de Williamsburg (Etat de New York), reviennent nous enchanter avec leurs petits doigts mignons qui continuent de virevolter sur des claviers très mignons également… !!!
Sans prétention aucune, elles reprennent l’ouvrage là où il s’était arrêté. Ceux qui espéraient un virage métal ou RnB seront déçus. Pour les autres, c’est à nouveau cette suite de comptines nonchalamment paresseuses, pas vraiment entêtantes mais profondément chaleureuses.
Si elles sont toujours accompagnées de leurs synthétiseurs & boites à rythme sortis tout droit de l’année 1983, les chansons ne semblent pas datées. Elles sonnent même parfois intemporelles, par l’apport de petites touches comme un triangle par ci, une maracas par là, un clappement de main ou encore le jeu subtil de leurs 3 voix, comme sur « All or nothing ».
Mais tout cela ne s’avère finalement léger qu’en surface. Dés « Shadow », la musique se fait plus rythmée, comme si les filles avaient besoin d’affirmer « Nous sommes un peu plus adultes ». On ne parle pas non plus d’un album militant contre la guerre en Irak, mais le propos semble plus grave. Le refrain de « The last one » ne nous fredonne-t-il pas, au détour d’un mélodica : « I’m the one to forget, the one you won’t regret » – je suis celle à oublier, celle que tu ne regretteras pas…
Pour les douces jeunes filles d’Au Revoir Simone, cet album semble donc un peu stressé – dans le sens tendu du terme. Cette mini tension amène les chansons vers des chemins non encore explorés. Les sons aigus de « Knight of Wands » (meilleur morceau de l’album) contrastent avec l’euphorie un peu béate qui baignait l’album précédent. L’intro de « Only you can make me happy » est particulièrement sombre, pour s’élever ensuite vers une pop song comme peuvent en imaginer Sebastien Tellier ou même Air parfois.
Vous le comprendrez, nous sommes ici dans une sorte de changement dans la continuité. Particulièrement sain, à l’heure où certains essaient de refaire 3 fois le même album, ou tentent des virages à 180° sans queue ni tête artistiquement.
En terrain connu, les chansons sont plus complexes à mesure qu’on en prend la teneur. Belle expédition en perspective.. !!!
Stéphane Dorémus
© Etat-critique.com - 30/04/2009