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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Steak

Steak

Quentin DUPIEUX

Avec Eric Judor, Ramzy Bedia, Sébastien Tellier et Jonathan Lambert StudioCanal – 20 juin 2007 – 1h30

Et ta critique ?




Comédie futuriste et débridée un peu trop étrange pour en être délectable, cette expérience visuelle et humoristique va en dérouter plus d’un. Les fans du duo Eric & Ramzy y prendront peut être un peu plus de plaisir que les autres.


Que se passe t’il lorsque l’on mélange un réalisateur fraîchement débarqué d’une carrière dans la musique électronique et une paire de comiques sponsorisés par l’hôpital Sainte-Anne ? On est pourtant loin de pouvoir imaginer la débauche d’absurdité qui va se déverser sur les spectateurs non avertis.

Dans le futur, il semblerait que l’être humain soit condamné à rester au lycée, faute d’avoir mieux à faire. L’oisiveté prend le pas sur le reste et le narcissisme devient un sport national dont la discipline préférée est la chirurgie esthétique. Dans ce monde de fous, Blaise (condamné à tort pour avoir descendu trois lycéens) et Georges (archétype du souffre-douleur et réel coupable du triple homicide) semblent être des amis normaux.

Mais l’amitié est bien fragile quand il s’agit d’intégrer l’élite des bandes d’adolescents, les Chivers, rassemblement hétéroclite de Fonzie’s dopés au Botox et au lait frais. Inutile de poursuivre le fil du scénario, cela n’aurait pas plus de sens sur le papier que sur l’écran. Car, à moins d’avoir abusé de stupéfiants avant le film, il est inutile de brancher son cerveau, ce dernier faisant barrage à l’humour joyeusement déjanté du film.

Le comique de situation fonctionne à merveille et quelques perles de nonsense feront la joie des amateurs du genre. Malheureusement, le trop étant l’ennemi du bien, le spectateur risque de se perdre au milieu de cette masse hirsute d’étrangetés en tout genre. Bien que la folie d’Eric & Ramzy soit contagieuse, elle finit par agacer à force d’être omniprésente.

Cela rappelle par moments des expériences comiques comme La Bostella ou Les Clefs de Bagnole, avec de légers moments de flottements où les sentiments sont tellement mitigés que cela en devient presque malsain.

Tourné au Canada, dans la belle province afin de transmettre une ambiance américaine très sixties, Steak ne remportera certainement pas l’adhésion du grand public. La scène finale, étrangement apathique, reflète bien l’état second dans lequel le film nous plonge. Mais si l’on souhaite se poser la question de l’utilité d’un tel OVNI cinématographique, disons simplement qu’il inaugure peut être l’humour de demain. Avant-gardistes, passez-vous le mot.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 23/06/2007