Attention pépite ! Stay, réalisé par un cinéaste souvent inspiré, est le comble du film prétentieux qui veut vous en mettre plein les mirettes et qui finalement ressemble à un très mauvais épisode de la Quatrième Dimension. Tant de gachis, il faut le voir pour le croire.
Il y a peu Marc Foster a réalisé un film très agréable, L’Incroyable Destin d’Harold Crick. Le film est charmant mais il ne parvient pas à faire oublier la claque que fut Stay, sorti quelques mois auparavant.
Résumer Stay relève de l’impossible. Il y a un type déprimé qui va bientôt se suicider. Il y a un psychanalyste qui va tenter de l’en empêcher et il y a la copine du psy qui est là mais on se demande bien pourquoi. Il se passe des choses bizarres pendant tout le film et à la fin, on a un superbe twist qui nous révèle simplement que l’on s’est foutu de notre gueule.
Sorte de 6e Sens, le film veut jouer avec la fiction, la réalité, les morts et les vivants. Foster s’est dit qu’il fallait en profiter pour rendre hommage à David Lynch. Sans aucune surprise, le mélange Shyamalan et Lynch est totalement indigeste.
Rarement des comédiens ont eu l’air aussi perdu dans un film. Ewan McGregor a un jeu de sourcils qui révèle sa totale incompréhension du sujet. Ryan Gosling reste étheré pendant tout le métrage. La belle Naomie Watts est la seule chose de valable dans le film : dommage, son personnage est inutile.
La construction du film est d’une maladresse sans nom et le final ne peut être que décevant lorsqu’on doit avaler 90 minutes de scènes sans queue ni tête. Mais le plus gênant c’est la mise en scène pompeuse. Les effets esthétiques sont très spéciaux et ils ne servent qu’à cacher la vacuité du film. Stay est donc la preuve que le nanar existe et que l’accident industriel est toujours possible. D’ailleurs la pauvreté des bonus montre bien la gêne suscitée par le résultat. Malgré son titre, Stay devrait vous donner l’envie de fuir !
Pierre Loosdregt © etat-critique.com février 2007
© Etat-critique.com - 15/02/2007