Avec James Spader, Kurt Russell, Jaye Davidson et Alexis Cruz - Studio Canal - 1994
Et ta critique ?
Vive les vacances. Pour se détendre, on se promène dans la filmographie de Roland Emmerich, le plus bourrin des réalisateurs. On a cru à une tombe: Stargate lui ouvre les portes d'Hollywood.
En Allemagne, Roland Emmerich plagie les grands succès américains avec ses petits moyens à lui. Il fait preuve d’un savoir faire certain mais surtout il démontre qu’il est capable de respecter à la ligne les conventions du cinéma américain.
Enthousiaste à être le plus yankee des réalisateurs, il applique un triomphalisme zélé dans Stargate, son premier gros film. Une porte stellaire est découverte en Egypte et envoie des spécialistes de l’action sur une planète déserte mais dirigé par un Dieu sans pitié.
Comment on sauve le Monde de la tyrannie ? En distribuant des chewing-gum aux indigènes et en débarquant avec une bombe atomique pour pacifier la région !
Cette leçon de géo stratégie est tout à fait discrète par apport à ce que raconte Stargate. En gros : Les dieux égyptiens étaient des extra-terrestres. Ce sont de vilains dictateurs homosexuels !
Et dire que Emmerich et son complice, Dean Devlin, ont réussi à vendre un tel concept. Juste pour cela il a le droit à notre respect (cela donnera aussi une saga télévisée sans fin qui rivalise avec Star Trek). Râ, l’ennemi du film, c’est une version Cage aux folles de Saddam Hussein.
Dans sa pyramide volante, il déambule dans de grandiloquentes toilettes, entourés de jeunes garçons (pas des boxers de 40 ans) et a des bijoux flamboyants sur chaque doigt (l’acteur Jaye Davidson aurait quitté le tournage en piquant pas mal de quincailleries).
Face à un monstre qui n’aurait pas déplu à Michou, Emmerich n’a droit qu’à deux acteurs un peu has-been : Kurt Russell et James Spader. Le premier serre très fort la mâchoire pour montrer qu’il est un vrai lieutenant de l’armée américaine et qui ne supporte pas la détresse d’un enfant. Le second remonte sans cesse ses lunettes de savant pour faire comprendre qu’il est un scientifique.
Les deux comédiens sont très bons : à cause du sable dans les yeux, ils n’ont pas besoin d’exprimer grand chose. Ils sont abasourdis par l’idée d’être dans un péplum intergalactique (excellente musique de David Arnold).
Entre masques de pharaons et rayons laser, ils ont du bien se poser des questions. Nous aussi : Emmerich est l’incarnation de cette phrase magique d’Audiard : Les cons ça ose tout, c’est ainsi qu’on les reconnaît.