Bienvenue au royaume de Stormhold, caché aux confins de la campagne anglaise, où se croisent rois et sorcières. Nul doute que cette épopée fantastique ravira les adultes qui ont su garder la part de merveilleux qui les rattache à l’enfance.
Neil Gaiman est certainement l’auteur le plus talentueux de sa génération dans un registre souvent délaissé : le fantastique. A l’instar des maîtres (et sources d’inspiration) comme Tolkien, Lovecraft ou Poe, l’humour se mêle à la mélancolie, le frisson au rêve. En dehors des sentiers battus, nous sommes bien en présence d’une vraie littérature de genre.
A des récits au rythme parfait et à la profondeur sans égale, il ajoute un humour anglais, fin et relevé, qui sied merveilleusement à cette prose. Après Mirrormask, OVNI passionnant sorti directement en DVD, un autre de ses romans arrive enfin dans les salles, aidé par un casting de choix. Voici Stardust.
Un mur se dresse en plein milieu de nulle part. Un passage est gardé par un vieil homme qui n’a jamais laissé une seule âme (ou un seul corps) passer au travers. A l’exception de cette fois où un jeune homme, défiant la vigilance du grabataire, arrive dans une ville surnaturelle où il rencontre celle qui deviendra la mère de son enfant.
Une vingtaine d’années plus tard, le vieil homme garde toujours son mur. Il n’a laissé passé qu’une personne il y a de cela bien longtemps. Mais cela ne se reproduira plus. A l’exception du fils du jeune homme qui part à la recherche d’une étoile filante pour conquérir le cœur de sa belle qui s’apprête à en épouser un autre.
Au même moment de l’autre côté du mur, un roi se meurt. Ses sept fils, numérotés à des fins sadiques et mnémotechniques, se disputent le trône façon Battle Royale. Malheureusement pour eux, survivre ne sera pas tout car il faudra récupérer le pendentif du paternel qui est en fait une étoile filante.
Non loin de là, trois sorcières partent à la recherche d’une jeune fille tombée des étoiles sous forme minérale (à moins que ce soit l’inverse) dont le sang leur donnera la jeunesse éternelle.
Bien sûr, tout cela n’est que coïncidence…
Au milieu de cette introduction déroutante, on sait que l’on se trouve dans un conte de fée. A une différence près : les amoureux ne se marièrent pas et n’eurent, de fait, aucun enfant.
Dans un monde où le dernier chic est de se promener dans un chariot tiré par des boucs, où des pirates dandys capturent des éclairs entre deux tasses de thés et où le cynisme est roi, l’humour british se déguste pleinement.
Si l’on enlève à ce long-métrage une musique omniprésente et tonitruante, on est en présence d’un excellent film de fantaisie héroïque parfaitement décalé et bien interprété. Du rire, de l’émotion et de l’action, que demande le peuple ?
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 25/10/2007