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Vendredi 25 Mai 2012Art-scène

 Stardust ou la dernière frontière

Stardust ou la dernière frontière

LE MAC/VAL

Mac/Val à Vitry-sur-Seine Tous les jours sauf le lundi de 12 heures à 19 heures. 4 € et 2 €. Jusqu'au 3 février.

Et ta critique ?




Le MAC/VAL expose jusqu’en février les œuvres contemporaines de 43 artistes à travers le thème de l’Espace. Stardust ou la dernière frontière, une nouvelle occasion de quitter notre planète Terre à Terre…


Depuis le 4 octobre 1957, avec le lancement du premier satellite artificiel depuis la Terre, Spoutnik 1, les sciences n’ont jamais autant observé et espéré en l’Espace. Parce qu’il est un lieu infiniment grand et infiniment inconnu, l’espace agit en  miroir et reflète toutes nos projections et nos fantasmes. Tout y est peut-être possible. Certains y cherchent la vie, certains y voient un moyen d’espionner les humains, d’autres y voient la possibilité de protéger la planète, d’autres un tremplin économique fabuleux avec toute sa démesure.

C’est une pelle pleine de poussière d’étoiles « Stardust » qui vous accueillera ; une pelle bleue terre à terre ou déposée par un extra terrestre. Un dépôt d’étoiles mortes brillantes. En face des tirages en 54x80 de Claude Gassian représentant l’avatar de David Bowie mort en 1973, Ziggy Stardust, l’androgyne mélomane qui fit parler beaucoup de lui lors de son Rock'n'roll Suicide. Une balle dans le pied de Bowie qui désespéra ses fans.

Mais libre à vous de lever les yeux vers le ciel et d’observer l’œuvre du nigérien Yinka Shonibare MBE,  Space Walk. Une fusée nommée Martin Luther King est accompagnée de deux cosmonautes aux combinaisons décorées qui portent bien haut les figures de l’histoire afro-américaine : de Billie Holiday à James Brown. Yinka utilise pour cela le wax, ce tissu fabriqué en Hollande à partir de motifs indonésiens et  revendiqué comme signe d’identité africaine. Une question identitaire sur la conquête de l’espace…

Mark Willinger qui vient de recevoir le fameux prix Turner avec son curieux plantigrade est de la partie avec Time and Relative Dimensions in Space, une cabine en acier inoxydable, clin d’œil humoristique à la T.A.R.D.I.S. du Docteur Who, une machine à voyager dans le temps, œuvre fictive britannique de la BBC. Davide Bertocchi, avec Spazio/Space,  joue les métaphysiciens et nous prédit l’existence de corps célestes… Devant l’infini de l’espace,  la probabilité pour que ses planètes imaginées existent devient d’autant plus forte que nous les créons nous-mêmes  en les regardant. Ailleurs, on se prendrait même pour un créateur céleste en observant le Big Bang sous verre de Bruno Peinado. De l’infiniment petit rassurant… Un arrêt sur image.

Une autre partie du musée vous emmènera vers le cinéma et sa boite noire. Un cinémascope producteur de paillettes de lumière donnant vie à l’image ; particules de lumière dans la pellicule. Le noir, trou du rien et du tout permet toutes les inventions, lumineuses ou pas. Une métaphore cinématographique qui prend tout son sens dans la partie gauche du musée où des films et documentaires sur l’espace et son rapport à l’homme sont projetés. Plusieurs salles. Du bonheur pour l’évasion.

Photographie argentique ou numérique, films, installation sonore – l’Atlas lambda vous permettra d’écouter Miranda, la lune d’Uranus et  son énergie plasma provoquée par les vibrations gravitationnelles – tous les supports sont présents. Venez contempler les huiles sur toile de Guy Allot et ses maquettes de carton. Des paysages terriens pour l’espace qui font rêver d’excentricité et prennent tout leur sens dans un contrechamp spatial. Les paysages sont peints sur les navettes, de la couleur pour le vide. Une poésie visuelle sur la matière. Des navettes de bric-à-brac surréalistes faites de bois et de vie.

On ne peut donc que vous conseiller d’aller rendre visite aux étoiles et à ses poussières. De la lumière pour le rêve. Une nouvelle réussite du Mac/Val saluée par la présence même d’artistes internationaux contemporains plus que reconnus.

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Sébastien Mounié

© Etat-critique.com - 31/12/2007