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Vendredi 25 Mai 2012Art-scène

 Stanley Kubrick

Stanley Kubrick

Stanley KUBRICK

La Cinémathèque Française 51, rue de Bercy 75012 Paris - Jusqu'au 31 juillet 2011

Et ta critique ?




 

A réalisateur extraordinaire, exposition extraordinaire. Après Francfort, Berlin, Melbourne et quelques autres métropoles, le grand barnum Kubrick est de passage à Paris jusqu'au 31 juillet prochain. Incontournable.

 

 

 

Créée en 2004 par le Deutsches Filmusuem de Francfort, avec la collaboration de Christiane Kubrick, épouse du cinéaste et de son beau-frère Jan Harlan, l’exposition Stanley Kubrick occupe deux étages biens remplis de la Cinémathèque Française pour une rétrospective exhaustive de l'oeuvre d'un réalisateur hors pair à la tête de treize longs métrages seulement en près de cinquante ans de carrière.

 

Construite de manière très didactique et chronologique, cette exposition monumentale s'organise en autant de scènes qu'il y a de lignes dans la filmographie du maître, de Fear and desire (1953) à Eyes wide shut (1999).

 

Sortes de madeleines ravivant nos souvenirs et nos émotions, chaque univers s'organise autour de photos, décors et accessoires d'origine, matériel technique, extraits, documentation et notes personnelles. Ce passionnant dispositif répété pour chaque film permet de pénétrer lentement l'imaginaire de ce précurseur de génie.

 

Film après film, Kubrick aura donc balayé tout le spectre des genres cinématographiques. Film noir avec L'ultime razzia (1956), film de science fiction avec 2001 : l'odyssée de l'espace (1968), film d'anticipation sociale avec Orange mécanique (1971), film d'épouvante avec Shinning (1980), film de guerre avec Full metal jacket (1987), reconstitution historique avec Barry Lyndon (1975), etc.

 

Jusqu'à ses deux plus importants projets non aboutis qui sont présentés au travers des pharaoniques recherches documentaires entreprises pour les réaliser.

 

Le premier avait pour sujet Napoléon Bonaparte, mais fut abandonné en 1969 à la demande des producteurs pour des raisons techniques, financières et d'organisation. Stanley Kubrick travaillait comme un forcené depuis vingt sur ce projet monumental qui ne devait jamais voir le jour, mais dont il reste les milliers de fiches accumulées.

 

Le second, à la fin des années 80, intitulé Aryan papers (adaptation du roman Une éducation polonaise de Louis Begley), très avancé avec casting et repérages des lieux de tournage, fut abandonné pour ne pas concurrencer La liste de Schindler de son ami Steven Spielberg dont le sujet était similaire.

 

Sur cette passionnante exposition viennent se greffer deux séries de projection des films de Stanley Kubrick : une intégrale à la Cinémathèque française et une ressortie en salle de ses principaux films à partir du 1er juin. Une bonne occasion de revoir dans toute leur ampleur les chefs d'oeuvres du maître.


Jo Brumaire

© Etat-critique.com - 03/06/2011