Avec Will Wheaton, River Phoenix, Corey Feldman et Jerry O’Connell – 1986 – Columbia
Et ta critique ?
Joli moment de nostalgie qui conserve tous les plaisirs et toutes les peurs de l’enfance. When the night has come and the land is dark...
Tiré d’une courte nouvelle de Stephen King, Stand By Me n’est pas un film d’horreur mais s’intéresse à une terreur beacoup plus commune et très touchante : celle des enfants. Quatre gamins, dans les années 50, décide de trouver le cadavre qui serait cacher dans la forêt. Insouciants, leur périple va rapidement devenir initiatique.
Le cinéma hollywoodien aime beaucoup regarder dans le rétroviseur et jouer la carte nostalgie. Pourtant le film de Rob Reiner ne célèbre pas ce bon vieil american way of life et les saines valeurs des petits villages et d’une éducation bien proprette.
Les apparences sont trompeuses. Reiner réussit une caressante description de ce bon vieux temps mais ne lui offre pas un aspect rassurant. Les détails sont précis et très plaisants mais Reiner respecte l’auteur de Misery : la petite ville de Castle Rock a bel et bien un secret, sombre et triste.
La réalité du cadavre abandonné et de l’ingénuité des mômes tendent une intrigue intrigante et même inquiétante.
C’est finalement une version culotte courte d’American Graffiti de George Lucas (la voix off est celle de Richard Dreyfuss). Comme le réalisateur de La Guerre des Etoiles, Rob Reiner observe cette époque et ses petits héros comme la fin de l’innocence. Kennedy, le Vietnam, Martin Luther King, autant d’évènements cruels pour l’Amérique qui ne s’en remettra jamais complètement.
Le film montre comment l’expérience de la mort va agir sur quatre gosses différents et plutôt joyeux. L’aventure est filmée à leur hauteur et s’attarde sur ce passage difficile qu’est la fin de l’enfance. Rob Reiner (Spinal Tap, Quand Harry rencontre Sally) est un tendre. Il est bienveillant avec ses têtes blondes, pas avares en vannes et mauvaises idées.
Le film n’est jamais cynique. Il fête dignement l’amitié et trouve le ton juste (grace à des jeunes comédiens qui ont confirmé). Le film conserve une certaine tristesse mais fait passer un excellent moment qui nous fait regretter ceux où l’on était capable de s’imaginer un safari dans un petit jardin plein d’orties.