Avec Sarah Polley, Adrien Brody, Delphine Chaneac et David Hewlett - Gaumont - 30 juin 2010 - 1h40
Et ta critique ?
Splice parle de sexe, de morale, d’humanité et de dieu. Pour cela, Splice est un bon film de science fiction. Il interpelle. Il extrapole. Il s’adresse à l’intelligence du spectateur. Hélas pas tout le temps !
Clive et Elsa sont deux brillants généticiens. Ils jonglent avec l’adn des animaux et vont enrichir une grosse société avec leurs travaux. Ils poussent le vice en mixant des gènes humains à des gènes animaux contrer l’avis de tous. Le cocktail donne naissance à Dren, un magnifique bipède qui grandit vite et apprend rapidement à se méfier des êtres humains.
Car nos deux héros vont laisser transparaître leurs frustrations au contact de la bestiole génétiquement modifiée. Le couple va être sacrément secouer par leur créature, de plus en plus instable et dangereuse.
Il y a dans ce film tout ce qu’il faut pour que l’on se réfère à Cronenberg (La mouche) ou Guillermo del Toro (Hellboy et producteur du film). Les maîtres du genre sont tous cités dans le film et c’est fait avec une certaine habileté. Le sujet est noble et s’apparente à une variation sur le mythe de Frankenstein.
C’est dit plus haut : Splice soulève des questions philosophiques. C’est ce qu’on aime dans le fantastique : lorsqu’il est un miroir déformant de nos erreurs, nos angoisses et notre monstruosité.
Le film tend vers le bien mais hélas son auteur, Vincenzo Natali n’a pas la classe de ses prédécesseurs. Scénariste ambitieux (souvenez vous de Cube), c’est un piètre réalisateur qui n’a pas beaucoup d’idées de mise en scène.
Si la créature fascine, on est horrifié par les looks des personnages, gros geeks aux cheveux gras et par les effets faciles dès qu’il faut passer à l’action. Si fort dans ses thèmes, Natali se montre incapable de raconter son histoire sans effet de bas étage et rebondissement grotesque. C’est dommage car il faut le redire, Splice est un effort louable de fanstastique responsable.