La série Spirou colle à la modernité et envoie le célèbre groom au Japon. Le petit Spirou est l’unique concurrent valable de Titeuf. La franchise Spirou se développe et désormais pense aux nostalgiques avec une collection "one shot" !
A la différence d’Astérix ou Tintin, le reporter Spirou a toujours suivi les modes. Son style, sa représentation et ses mésaventures sont souvent liés aux soubresauts de l’époque. Jamais figée, cette mythique figure du dessin belge a traversé les époques avec une solide énergie et des auteurs inspirés.
La série régulière a pris un nouveau tournant : les deux auteurs se tournent vers quelque chose de très contemporain, lorgnant maladroitement sur le manga et son écriture si particulière. C’est un choix un peu déconcertant mais respectable car logique dans l’évolution du personnage.
Les éditions Dupuis ont néanmoins pensé aux amateurs des premières aventures de Spirou, Fantasio et Spip. Ils ont ainsi lancé la collection "one shot". Un auteur face au mythe pour une seule histoire, puisant dans l’univers composite de Spirou.
Les dessinateurs semblent être des lecteurs fidèles de la bande dessinée et c’est Frank Le Gall qui planche pour le second volet, sur cette belle initiative. Auteur précieux et adulte de la série Théodore Poussin, Le Gall s’intéresse à l’éternel et intime ennemi de Spirou, Zorglub.
Ce dernier se promène dans le temps et reste coincé au XIXe siècle. Le comte de Champignac veut le retrouver et entraîne ses amis dans les rues de Paris où les arsouilles sont légion. Sur le principe simple du voyage dans le temps, Frank Le Gall réussit à retrouver le charme de Franquin et de ses aventures fantastiques.
Le dessin est résolument vieillot mais appréciable. Il rappelle les souvenirs d’enfance. Le Gall, avec son histoire temporelle, se permet un style mélancolique et finalement sensible. Avec le lecteur, il s’amuse des facéties de l’écureuil Spip, de la fausse naïveté du comte de Champignac, de la mégalomanie maladroite de Zorglub et bien sûr du courage des deux héros.
Avec l’inspiration du passé, Le Gall nous propose un bel album vintage, à dévorer dès aujourd’hui !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 30/06/2007