Vous pensiez que Michael Bay était le cinéaste le plus énervé d’Hollywood. Les auteurs de Matrix mettent la barre encore plus haute en matière d’action illisible. Les jolies couleurs du film n’évitent pas la sortie de route !
C’est l’adaptation d’un dessin animé japonais des années 60, qui a réussi à s’exporter à l'époque. Les Wachowski, célèbres pour leur trilogie Matrix, s’en tiennent à une adaptation littérale. Ils tentent clairement une animation en live !
Ce qui veut dire que vous en prenez les mirettes ! En gros le film suit un conducteur de bolide qui affronte des méchants patibulaires sur des circuits grand huit ! Speed Racer (c'est le héros) incarne la pureté au milieu de la compétition, noyautée par une bande d’escrocs qui ne rêvent que d’argent et de corruption.
La liberté triomphera à la fin. Après deux heures de dérapages et crissements de pneus dans des décors numériques d’une laideur à faire pâlir un vieux publicitaire bronzé! Ce qui est sûr, c’est la pauvreté du choix artistiques de Wachowski.
Tout est faux. Tout sonne faux. Les couleurs criardes donnent un coté pop à l’ensemble mais, très vite, dégoûtent. Techniciens hors pair, les frangins font tournoyer des bolides dans des endroits hallucinants et organisent une mise en scène tournoyante.
Si vous êtes mal réveillés, préparez le sac ! Le film met vraiment la tête à l’envers. Bad Boys 2 de Michael Bay à coté, c’est un drame intimiste. Ca n’arrête pas une minute. C’est franchement fatigant.
On voit bien que les deux frères expérimentent comme ils le faisaient avec Matrix mais cette fois ci, le scénario ne suit pas : enfantin, il est vraiment pathétique en ne s’intéressant qu’à un petit garçon et un singe que l’on aimerait rapidement voir se faire écraser.
C’est moche, illisible et parfois au sommet du ridicule. On devine bien la patte des Wachowski (l’individu en révolte face au reste du Monde) mais nos rétines vomissent finalement cette débauche d’effets, inutiles et bruyants. On en regrette un bon vieux moteur au diesel !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 20/06/2008