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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Spartatouille

Spartatouille

Jason FRIEDBERG et Aaron SELTZER

Avec Sean Maguire, Kevin Sorbo, Carmen Electra et Method Man - 20th century fox - 16 juillet 2008 - 1 heure et des poussières...

Et ta critique ?




Faire une parodie sur le film 300, c’est possible ? Malheureusement, oui. Sachant que ça ne dure qu’une heure, c’est bien cher payé pour du vide.


Les comiques se demandent si l’on peut rire de tout. Ceux à l’origine de ce sous-produit de culture américaine industrialisée auraient dû étudier la question sous sa forme antagoniste : peut-on rire face à rien ?

Croyant connaître la formule d’un pastiche réussi, le metteur en scène s’est contenté de faire rentrer un maximum de références à la seconde sans en chercher la nécessité. On aura ainsi le droit à Shrek, Happy Feet, Transformers, Spiderman, Rocky, Ghost Rider et tout ce que le box-office compte de blockbusters plus ou moins connus.

Mais comme cela ne suffisait pas, c’est la télé-réalité qui est ensuite prise pour cible. Heureusement que la quasi-totalité des concepts pourris a été rachetée par Dechavanne, Arthur et consorts pour que nous puissions comprendre. Tout bien réfléchi, il aurait mieux fallu s’abstenir.

Enfin, c’est au tour des people d’en prendre pour leur grade. Donc, si vous ne manquez aucun numéro de Public, vous retrouverez des blagues très connotées sur Brad, Angelina, Tom, Britney, Paris et tous leurs amis. Signe des temps, même le jeu Grand Theft Auto a le droit à son pastiche.

Vous l’aurez compris, à force d’accumuler les références pour éviter d’avoir à développer une idée, l’humour collégial ne prend jamais son envol. À ce moment, la question du financement se pose. Quels sinistres individus ont pu croire à ce film ? La place consacrée au placement de produit répond à cette question.

Vu le modèle, les blagues tournent évidemment beaucoup autour des testicules : le côté gay est exploré en profondeur… littéralement. Autre choix " artistique ", la cruauté envers les enfants témoignée avec tant de vigueur fait se demander comment il est possible de se tromper avec ce genre d’humour. Pourtant, c’est possible.

Résumer le film à se seule réussite — la reconstitution des décors — reste la dernière chose à faire pour convaincre les gens de bonne intelligence de se détourner fièrement de ce navet indigne. Même rester immobile sous la pluie est une meilleure alternative. Plus économique, aussi. Et plus simple.

Sachant que même le public américain a boudé ce monument dédié à la stupidité, vous savez ce qu’il vous reste à faire pour que les coupables soient contraints à se recycler dans la publicité pour des télévisions locales. Un peu d’humilité n’a jamais fait de mal à personne. Ici, il s’agit d’un geste envers l’humanité que vous ferez en allant au guichet de votre salle préférée pour déclamer haut et fort " Tout sauf ça ! "


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 15/07/2008