RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Sparrow

Sparrow

Johnnie TO

Avec Simon Yam, Kelly Lim, Ka Tung Lam et Kenneth Cheung ARP selection – 04 juin 2008 – 1h27

Et ta critique ?




Une jeune femme en détresse tourne en bourique quatre pickpockets. Délice à cinq parfums, le nouveau Johnnie To surprend et nous régale à chaque instant.


Simon Yam est au cinéaste Johnnie To, ce que Chow Yun Fat pouvait être à John Woo : une icône et un porte bonheur. Simon Yam a la classe absolue avec un sens du minimalisme qui impressionne. Un regard et il vous a dans sa poche.

Cela tombe bien : il interprète Kei, un pickpocket de Hong Kong. Avec un trio de spécialistes, il réussit à voler des portefeuilles de la manière la plus discrète et élégante. Les quatres hommes sont différents mais complémentaires. Il se ressemble sur un point : il craque tous pour une belle inconnue.

Un à un, elle drague (géniale scène du ballon dans l'ascenseur) les voleurs qui comprennent rapidement qu’elle a besoin d’eux. Elle va leur demander de voler son passeport à un vieux vendeur d’art très puissant qui refuse de lui rendre son passeport et donc sa liberté.

De la liberté, Johnnie To en prend beaucoup. Sparrow n’est pas un nouveau polar urbain, genre qui fait la renommée du réalisateur. C’est bien mis en évidence sur l’affiche : Sparrow est une comédie.

Une œuvre légère, une flânerie en ville et un bel objet classieux. Eloge de l’amitié, Sparrow suit quelques pieds nickelés dans des aventures peu vraisemblables mais terriblement ludiques. To peut encore faire dans la virtuosité mais sans arme et sans grand enjeu si ce n’est le vol d’un portefeuille.

Héros aux petits pieds, le quatuor a une classe folle en jonglant entre leur solitude et leurs larcins. La jeune femme les bouscule et les réveille avant tout sur leur amitié. Simple, le film va à l’essentiel avec un plaisir qui transpire à l’écran.

Comme dans ses polars durs, Johnnie To réussit à retranscrire les sentiments à travers la vision de l’île. Une fois de plus, on voyage littéralement avec cette œuvre baroque visuellement, osant tout : de la blague potache au ballet raffiné.

Johnnie To s’amuse et nous fait partager à chaque instant ce goût pour la distraction. Décontracté, il maintient une mise en scène fluide et travaillée. Les chorégraphies ne sont plus sanglantes ou mathématiques : elles sont poétiques et empruntées à la comédie musicale. Le fond de l’histoire a finalement peu d’importance, le réalisateur fait partager sa passion du cinéma. Il est généreux et harmonieux. Après un tel (bon) moment, il y a aucune chance que l’on se sente volé !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 06/06/2008