Soyez sympa, prenez votre temps et allez profiter d’un bon petit film, plein de bonnes idées et de bons sentiments. Michel Gondry, combinard de la pelloche, continue de nous offrir une œuvre jubilatoire et artisanale. Un film qui rend sympa.
Le problème de Michel Gondry, c’est qu’il est sympa. Trop sympa. Depuis son tout premier film, son sens de la débrouillardise a fait de lui un type très attachant et cela a dépassé le stade du simple faiseur de clip. Il y a du sens dans ses images. Son coté brocante a révélé un univers très humain et intime.
Car au fil de ses films, Gondry réalise ses rêves et un peu les nôtres. Avec ses effets artisanaux, le bonhomme a cassé les conventions, assumé un aspect romanesque et raconté des histoires avec une véritable originalité.
Après trois longs métrages, Gondry n’a plus peur d’être un auteur et présente son film le plus personnel et franchement, le plus touchant.
Jerry et Mike sont deux loosers du fin fond de Harlem. Ils vivent autour d’un video club où l’on loue encore des VHS et Jerry, vivant près d’une centrale électrique, démagnétise toutes les cassettes. Pour éviter le drame, ils décident de remonter tous les films à leur manière…
Les deux hommes, aidés par quelques bonnes âmes et une vieille caméra, se lancent dans une relecture, dite suédoise, de classiques des années 80. Le résultat est kitsch mais jubilatoire. Car il y a de l’âme, de la créativité et un humour simple et élégant.
Michel Gondry rend hommage à ces petits auteurs qui ont des grandes idées et des petits moyens. Le film en ajoute dans le genre « il faut de l’âme et du cœur », mais il raconte une magnifique histoire d’amitié et de quartier. Les petites folies de chacun font l’histoire d’un quartier. Le film débute sur la légende d’un jazzman du coin puis ce rêve de gloire se dilue dans une multitude d’habitants qui croient aux ambitions légères de réalisation de Jerry et Mike.
Le film partage alors l’enthousiasme des protagonistes. Gondry bidouille et comprend son époque, celle d’internet et des courts métrages. C’est un bel hommage aux artisans, aux amoureux et aux néophytes. Le plaisir est partagé par des acteurs dévoués au projet.
L’amusement et la délectation transpirent sur la pellicule. Gondry s’éclate de plus en plus sur des films hilarants. Soyez sympa, voilà le message juste et sincère de ce petit film réjouissant.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 06/03/2008