Petit nouveau de la scène irlandaise, Duke Spécial ne fait pas dans la chanson à boire ou dans le rock fm d’inspiration gaélique. Mélodiques, les chansons de ce natif de Belfast sont de douces ritournelles artisanales et sincères.
Il ne faut pas s’étonner d’apprendre que Duke Special a fait les premières parties de The Divine Comedy. Les deux groupes partagent de nombreux points communs. D’abord derrière le nom, il n’y a qu’une seule personne. Ici, il s’agit de Peter Wilson. Ce type-là a le physique d’un membre du groupe de metal Korn mais imite à la perfection Scott Walker.
Comme Neil Hannon de Divine Comedy, Peter Wilson aime le sens de la mélodie et le goût de l’orchestration bien fournie. Ses chansons sont des contes. Le son n’est pas celui d’un Bloc Party : il a à voir avec un cabaret dégingandé et capricieux.
Ses chansons sont dessinées par des instruments espiègles. Ces chansons de la forêt profonde ont effectivement une vraie authenticité qui sent bon la pop britannique. Duke Special échappe aux modes et se concentre sur cette tradition de troubadour un peu dandy, un peu mégalo et très talentueux.
Le style a des sonorités traditionnelles qui soulignent les riches racines de l’Irlandais mais il ne choisit jamais la facilité, ou sinon assez rarement. Il aime l’emphase sans en faire des tonnes et les instruments remplissent, sans trop en faire, des compositions ambitieuses et musicales.
C’est donc grâce à ce goût pour la musicalité minutieuse et le refus de la facilité, que ce disque a une saveur particulière et que le Duke a vraiment quelque chose de spécial !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 10/05/2007