En 2003, ce maître de l’ironie et du swing nous offrait une album hautement recommandable, en piano solo.
Randy Newman né en 1943 à la Nouvelle-Orléans, a commencé sa carrière à la fin des années 60. Avant de connaître une certaine célébrité, ses titres ont été repris par Joe Cocker ou Tom Jones (You can leave your hat on). Son premier succès révèle bien son humour très particulier. Short people parle des personnes de petite taille et les auditeurs sont bien en peine de savoir si le chanteur est sérieux : est-ce qu’il se moque des gens ou est-ce qu’il les aime ?
En fait, Randy Newman possède une qualité qui manque à tant d’auteurs : l’humour. Et il y ajoute un supplément : l’ironie. Cette qualité est patente pour les privilégiés qui ont pu assister à ses concerts en piano solo. Quand Newman parle de lui, entre deux chansons, il n’est pas rare que le public soit plié en deux. Randy Newman en concert, c’est un concentré d’humour juif et de mélodies aussi entraînantes que poignantes.
D’où l’intérêt de cet album, produit par Mitchell Froom (producteur de Suzanne Vega ou de Sheryl Crow, entre autres). Il interprète en piano solo 18 des titres qui ont jalonné 30 ans de carrière. La solution piano voix restitue la pureté et la simplicité des mélodies. En fait, les chansons deviennent encore plus belles dépouillées de leurs ornements. On entend encore mieux l’influence de la musique des années 1920 ou de la comédie musicale.
Et puis cela permet d’écouter les textes délicieusement empoisonnés de Randy Newman. Il a écrit une chanson qui s’appelle It’s money that I love. Qui d’autre, sinon Gainsbourg aurait pu composer un air entraînant sur lequel il avoue que la seule chose qui l’intéresse c’est l’argent ?…
Bref, si vous ne le connaissez pas encore, initiez-vous au Maître Randy Newman, il apportera un peu de légèreté à ce temps qui entre dans l’hiver. Dans une interview donnée à l'époque au magazine Rolling Stone, Newman s’interrogeait sur le fait de savoir, si à son âge, il avait encore l’énergie d’écrire un album. Il ajoutait, goguenard, que s’il n’y arrivait plus, ça n’était pas grave, il écrirait de la musique de films.
D’ailleurs, si vous ne connaissez pas Randy Newman, vos enfants le connaissent, il a composé la musique de Toy Story.