Des touristes rencontrent un crocodile super size. L'auteur de Wolf creek offre une nouvelle vision effrayante de l'Australie. Les fans de baignade interdite apprécieront la promenade en bateau!
Il y a le héros, reporter blasé de guide touristique. Il y a l'héroïne, écolo qui promène en bateau les touristes au milieu des crocodiles. Il y a aussi des vacanciers, parfaits pour nourrir l'animal quasi préhistorique.
La star du film, c’est lui : le saurien ancestral et d’une taille relativement affolante. Il se fait discret jusqu’à un dernier quart d’heure où la bestiole en fait voir de toutes les couleurs aux quelques survivants.
A première vue, Solitaire ne sort pas du lot des nombreuses séries B mettant en scène un crocodile. Du Crocodile de la mort dans les années 70 à Lake Placid il y a quelques temps, les mauvais films se sont succédés et s’apparentent à des ersatz du pauvre des fameuses Dents de la mer !
Solitaire respecte les conventions du genre et les situations données ! On pense beaucoup au chef d’œuvre de Spielberg mais aussi à l’amusant Piranha de Joe Dante. Pourtant Solitaire n’est pas un triste nanar désargenté et sans idée.
Derrière la caméra se trouve Greg McLean. Il y a deux ans, il scotcha tout le monde avec Wolf Creek, slasher dépouillé et poussiéreux sans concession. L’homme aime observer la sauvagerie et profite du crocodile pour développer un peu plus sa réflexion.
Son film fleure bon le dépliant touristique avec des belles images et des beaux clichés sur l’Australie. Puis il creuse petit à petit les réalités plus crues de son pays. Cela reste une série B mais McLean maltraite ses personnages avec un vrai sens du rythme et de la mise en scène.
Il n’abuse jamais des effets spéciaux. Il refuse les (trop grandes) facilités et le film, sans être culotté, se permet d’offrir, sur le thème du croco affamé, des petites différences. Ces petites nuances sont plaisantes. On se surprend à aimer ce petit film d’horreur, parce qu’il est fait avec beaucoup de cœur et de plaisir… On vous conseille la balade !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 11/08/2008