Si vous avez mis le mot "Black" dans le nom de votre groupe, vous êtes obligés de vous la jouer vintage et remonter le temps jusqu'aux années 60. C'est contractuel.
C'est ainsi dans le rock contemporain. Si vous voyez la vie en noir vous devez surtout regarder derrière, dans un lointain et glorieux passé. Pas le droit d'être contemporain lorsqu'on a le mot "Black" dans le nom du groupe.
On fait donc dans la réverbération, les échos et on utilise des tas d'instruments aux noms bizarres mais franchement cools ! Les Black Hollies composent donc leurs chansons sur des Univox super fuzz ou des Epiphone Sheraton.
Juste avec ces deux instruments, vous devez avoir les cheveux qui poussent, les pattes d'eph qui apparaissent en bas de votre pantalon et vous devez penser à de douces utopies pleines de vapeurs d'enthousiasme.
Vous y êtes? Bienvenue alors dans l'univers très sixtees des Black Hollies. Ces derniers aiment les gros orgues Hammond et les vibraphones. Ils chantent dans une ambiance de chorale. Les bases sont clairement psychédéliques: Austin Powers ou le Jefferson Airplane auraient adoré ce troisième épisode très éthéré.
Justin Angelo Morey et ses camarades reproduisent le son des années 60 à la perfection. On croit vraiment mettre la main sur un vestige de l'époque! Tout y est: c'est du space rock assumé et pas désagréable du tout.
Moins toxique qu'un pétard, ce disque offre trente huit minutes de bonheur décalé et reposant. Les Small Faces se sont réincarnés chez ces petits gars du New Jersey ! Certains morceaux frôlent un rock'n'roll énergique (excellent Lead me to your fire) mais les Black Hollies aiment se calmer sur des plages soul et aériennes.
Il n'y a rien de nouveau chez les Black Hollies mais ils connaissent leur petit lexique du parfait rocker des années 60 sur le bout des doigts. La démonstration est bluffante.
Il n'y pas beaucoup de surprise dans cet album mais il y a pas mal de plaisir à découvrir.