Retour de la fille Higelin, fan de Led Zep. Après un premier album résolument rock, elle tente d'ajouter quelques grammes de tendresse... est ce que ça fonctionne ?
Il y a deux ans, le papa Higelin a dû rougir de joie devant le succès surprise de sa fille, toute jeune et survoltée. Après Arthur H, la tribu Higelin voyait naître un nouveau phénomène, sauvage et réveillant les amateurs de rock pur et dur. La jeune femme s'appropriait le rock légendaire, celui d'AC/DC et de Led Zep. A peine majeure, elle avait tout d'une grande.
Ce que confirme ce second album. La voix est plus maîtrisée. On ne la comparera plus avec Janis Joplin, hurleuse céleste. La voix est plus en harmonie avec un groupe évident (basse guitare batterie) qui accueille ici quelques cordes pour adoucir quelques passages pourtant raides.
Ce second opus est un album de la maturité ! Un bon vieux stéréotype mais qui montre bien que la belle réfléchit sur son chant et son style. Hélas, cela freine la course de ses chansons. C'est toujours un peu garage mais les arrangements sont nettement plus soignés. C'est une version sage du précédent album.
Un disque mielleux de Izia ? Non, ce n'est pas une catastrophe. En France, elle est la seule à assumer aussi fièrement un héritage anglo saxon, proche d'Iggy Pop. Izia hurle moins mais s'accroche à des rythmes dépouillés et rock'n'roll en diable.
C'est toujours dommage de dire d'un artiste qu'il s'assagit: c'est vraiment le cas ici. On ne lui en veut pas de tenter de nouvelles choses mais elle avait tellement mis une belle branlée à tous les baby rockers de France qu'on se faisait une très grande joie de retrouver la féline irrésistible qu'elle était sur scène, toujours accompagné par son camarade d'écriture Sébastien Hoog.
Il y a donc une pointe de pop et des envolées instrumentales dans ce nouvel album. C'est toujours intéressant et le charme de la jeune femme fonctionne toujours. On tombe amoureux de cette chanteuse. Mais on regrette un peu la simplicité du premier disque, sa bestialité, sa sexualité et son énergie.
Faut grandir... c'est chiant mais c'est comme ça !