Cet été, si vous ne savez pas quoi voir à Paris, n'hésitez pas une seconde, courez voir « So jazzy girls ». Swing, jazz, charleston, clins d'oeil talentueux et qui sonnent toujours juste : Natis et Yuna ont concocté un spectacle véritablement enchanteur. En un mot: rafraîchissant.
Au coeur de Belleville,un petit théâtre propose des merveilles dignes des plus grands. En effet, au Tambour Royal, vous pouvez découvrir en ce moment, et jusqu'à la fin de l'automne, un spectacle franchement formidable. Et le mot n'est pas trop fort.
Natis et Yuna sont deux jeunes femmes talentueuses et douées, qui revisitent à leur manière les grands standards du jazz. Véritables femmes-orchestres, elles chantent, dansent, jouent la comédie. La voix de Natis est particulièrement ensorceleuse et l'on sent entre les deux jeunes femmes une réelle complicité, un vrai travail d'équipe,
Leur univers est original, bien différent de ce qu'on voit un peu partout ces dernières années : la chanson réaliste, la Belle Epoque, les références aux années trente... Elles, leur truc, c'est le jazz, les claquettes, le swing.
Avez-vous déjà essayé de faire des claquettes ? C'est un véritable défi aux lois de l'équilibre et pourtant, pour les deux jeunes femmes, cela semble aller de soi.
Le spectacle est découpé en tranches de vie, petites saynètes drôles, vives, qui se réfèrent à la tradition sans jamais omettre l'originalité.
Viriles, masculines, ensorceleuses, coquines et féminines au choix, et toujours sexy, elles relèvent toutes sortes de défis et s'attaquent à des géants : Ella Fitzgerald, Louis Armstrong, Duke Ellington. Eh oui, elles osent les chanter, leur rendre un hommage juste et vraiment à la hauteur de ces illustres modèles.
Le spectacle s'achève, un peu plus d'une heure que l'on n'a pas vu passer. Juste une question : mais pourquoi donc n'en a t-on pas davantage parlé ? Car elles ont déjà joué la saison dernière.
Et elles méritent un public de plus en plus nombreux, des salles de plus en plus grandes, un succès à la hauteur de leur talent. Parce que ces deux filles le valent bien.
Marie Léon
© Etat-critique.com - 24/12/2008