Sigourney Weaver interprète une femme autiste. Elle sautille sur un trampoline. Elle mange de la neige. Elle joue avec des boules lumineuses. Elle danse et chante sur des morceaux plutôt kitsch. Bref, l’actrice est au bord du cabotinage.
Heureusement le canadien Marc Evans a eu la bonne idée d’entourer la comédienne du merveilleux Alan Rickman (légendaire Hans Gruber dans Piège de Cristal) et de la gracieuse Carrie Ann Moss (fantasme de latex dans les Matrix). Le premier diffuse un charme certain derrière son air taciturne et pince sans rire. La seconde est tout simplement lumineuse. Le talent de ses deux là étouffe le risque de débordement de l’actrice d’Alien.
Le trio d’acteurs a une partition difficile à défendre. Un ancien détenu a un accident de voiture qui coûte la vie de sa passagère, une jeune auto-stoppeuse. Perdu dans l’Ontario, il se retrouve bloquer à Wawa, petite ville enneigée. Là, il rencontre la mère, autiste, de la défunte. Cette dernière l’oblige à rester quelques jours pour l’aider à enterrer sa fille.
Cela sent le gros mélo à plein nez ! Pire, Marc Evans, bon directeur d’acteurs est nettement moins convaincant avec sa mise en scène. Tous les artifices du cinéma indépendant américain sont présents, parfois sans justification. Snow Cake aurait donc tout du produit chichiteux.
Le paysage d’hiver de l’Ontario va heureusement très bien au drame. Les comédiens assurent mais le film a la bonne idée de ne pas en faire des tonnes. Jamais larmoyant, le film va rapidement à l’essentiel.
Il décrit avec délicatesse le réveil à la vie d’un homme meurtri. La communauté de Wawa est délicieusement pittoresque. La musique de Broken Scene Social finit de nous convaincre de la justesse du propos. Snow Cake est finalement une bonne surprise où le froid souffle parfaitement sur le chaud !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 29/04/2008