Ce groupe d'Oakland a une solide réputation de tatoués énervés. Malgré quelques riffs un peu trop appuyés, ils sont plus abordables qu'il n'y parait.
Pour leur cinquième album, le trio vigoureux de High on fire a fait appel à Greg Fidelman. Ce producteur a remis en selle Metallica et s'est fait une réputation dans le monde du hard rock en produisant Slayer ou Slipknot.
Que des noms qui devraient vous faire fuir de cette chronique. Pourtant c'est aussi un collaborateur de The Gossip et il était ingénieur sur les derniers enregistrements de Johnny Cash.
Ce touche à tout a donc bon goût et l'oreille fine. Mais on imagine qu'elle est mal en point lorsqu'on entend les riffs costauds et rigoureux de High on fire. Ce groupe californien ne fait pas de punk adolescent mais dans le hard stoner, un genre qui confond le blues rock avec le heavy metal. Cela donne des titres mélodiques mais pratiqués avec une élégance d'équipe de rugby en pleine troisième mi-temps.
Cela a le mérite de troubler l'auditeur qui n'apprécie que moyennement le hard rock dans ses formes les plus caricaturales ou hypertrophiées. Ce n'est pas du doom, du hardcore, du speed ou du je ne sais pas quoi metal.
C'est du rock exécuté avec ferveur et violence. La voix du chanteur, Matt Pike, rappelle d'ailleurs le solide ancêtre du genre, Lemmy de Motorhead. Comme lui, Matt Pike mange du gravier au petit déjeuner et aboie avec une certaine classe (un peu caché certes).
Ca sue beaucoup sur cet album qui n'en fait pas trop (45 minutes), sûr de ses forces. On imagine que les guitares perdent leurs kilos au fil des titres et qu'une batterie a du être utilisée par morceau. Mais c'est spectaculaire et plutôt séduisant.
Ce n'est pas très nuancé mais dans le genre, ca vaut le détour !