Icône ésotérique de la blonde gourdasse mais tellement attachante, Anna Faris devient la star d’un petit film indépendant de genre indéterminé que l’on aurait pu titrer indifféremment « Alice au pays de la Ganja ». Loin d’être mémorable.
Pour cette quête spirituelle enfumée, tournée en caméra embarquée, on ne peut que témoigner de la puissance évocatrice du jeu d’actrice de la belle blonde. Anna Faris boit, fume, se parle toute seule, a des fringales, nage dans le delirium tremens comme un poisson dans l’eau et se vautre par terre (ce qui, depuis les Scary Movies, est plus ou moins devenu sa marque de fabrique).
Si ce n’est pas de la composition, on soupçonne que le long-métrage a été tourné en partenariat avec une coopérative agricole clandestine jamaïcaine.
Faut-il être défoncé pour apprécier ce film ? Malheureusement, oui. Le délire, un peu personnel, est peu communicatif à moins de partager les consommations d(e l)’héroïne. De fait, le message « Ne vous droguez pas » passe à côté et au final, pas sûr que cela dissuade grand monde malgré une fin un peu dramatique.
Les quelques bonnes idées de réalisations pour les scènes d’hallucinations rappellent trop Las Vegas Parano pour être honnêtes et la narration est un peu trop répétitive même si l’on pardonne au réalisateur d’avoir tant voulu s’imprégner de son histoire en donnant de sa personne.
En suivant le récit d’une fille belle et intelligente qui ruine sa vie pour des paradis artificiels, ce Requiem for a Dream du pauvre survit mal aux filiations autoproclamées du metteur en scène (le trio ZAZ, John Hugues).
A défaut de passer le joint, on passera son tour.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 15/01/2008