Avec gregory Smith, Kirsten Dunst, Kevin Dunn et Jay Mohr - Dreamworks - 1998
Et ta critique ?
Dernier volet sur la filmographie décalée de Joe Dante. Avec Small Soldiers, le cinéaste se brouille définitivement avec Spielberg, Hollywood et toute l’industrie. Depuis il se fait trop rare.
Cela faisait huit années que Joe Dante n’avait pas mis les pieds à Hollywood. Après l’échec de Gremlins 2, il se consacre à la télévision et réussit notamment un téléfilm à l’humour corrosif, The second civil war.
Spielberg continue d’apprécier son ami et lui demande de mener à bien Small Soldiers, simple comédie fantastique pour enfants. Le principe était simple : des jouets se font la guerre et sème la zizanie dans une petite ville. En gros c’est Gremlins version Toy Story.
Joe Dante prend donc des gentils monstres et les confrontent à des militaires endurcis. C’est l’anarchie qui se produit. Les créatures diaboliques se révèlent tendres et les gros durs sont des tarés adeptes de la torture. Et tout ce foutoir a lieu à cause d’une puce militaire qui se perd dans des jouets. Les industries ne sont plus ce qu’elles sont. Dante se moque dès le début de son film de ces « executive » qui prétendent tout savoir et se diversifient jusqu’à l’absurde. La satire d’Hollywood n’est pas loin.
Qui en fait les frais ? Le jeune Alan qui est le premier à posséder ces figurines plus dangereuses qu’elles n’y paraissent. Adolescent mal dans sa peau, le voilà pris au piège dans une guerre absurde qui va détruire son foyer en quelques nuits.
Comme les autres héros de Dante, Alan subit des préjugés à son égard. Comme les monstres, on ne s’arrête qu’aux apparences forcément trompeuses. Mais le chaos rectifie le tir : les poupées barbie vont prendre cher et les soldats sont vite des psychopathes adeptes du discours ultra réactionnaire. Et Alan va pouvoir prouver son courage et la valeur de sa différence.
Spielberg rêvait de vendre des figurines et des jouets avec Small Soldiers. Dante détourne le concept et détruit les ambitions lucratives de son producteur principal. Comme à son habitude, Joe Dante critique sous couvert d’un bon divertissement le monde qui l’entoure.
Il lui faudra cinq ans pour qu’on lui confie l’aimable Looney Tunes passent à l’action. Sa passion pour Chuck Jones le rendait indispensable au projet. Puis plus rien.
Quelques épisodes pour des séries d’horreur et beaucoup de projets avortés. On lui fait payer son impertinence mais cela lui vaut le respect de la vieille Europe et de nombreux cinéastes. En 2009, il peut enfin tourner un film. The Hole n’est toujours pas sorti. Les problèmes lui collent à la peau mais son génie apparaît au fil des épreuves de plus en plus évident.