Dès 1998, soit un an après son décès, le furtif Jeff Buckley entamait sa longue carrière de mort-vivant avec un premier album posthume, issu des brouillons de son deuxième album en préparation.
Qui ne connaît pas Jeff Buckley, fils reconnu du non moins célèbre Tim Buckley, poète musicien des années 60-70 ? Tous deux mourront tragiquement aux alentours de la trentaine, Tim d'une overdose, Jeff d'une noyade dans le Mississipi.
Cet homme est sûrement mon artiste préféré, homme d'exception et de talent dans l'univers du rock. Eclectiques, ses influences sont nombreuses et de styles musicaux très variés (Nina Simone, Bob Dylan, Led Zeppelin entre autres ) ; c'est certainement une des raisons de son immense talent.
Jeff Buckley a publié en 1994 un album rock-folk mythique, "Grace", après des années à se produire à dans des clubs "intellos" ( le Sin-é à NYC sera son lieu de prédilection ), et est rentré ainsi dans la légende des artistes sacrés du rock'n’roll.
Enfant chéri des critiques et de la presse, il sera particulièrement adulé en france où "Grace" sera disque d'or et lui récompensé de prix très prestigieux, preuve de son immense talent.
"(Sketches for) My sweetheart the drunk", premier album posthume de Jeff Buckley, regroupe des chansons jouées avant sa mort, prémices de ce qui devaient composer son second album studio, "My sweetheart the drunk", et qu’il souhaitait abandonner (d'où le "Sketches for" signifiant ici littéralement "croquis") pour la composition de son nouvel opus.
Mais après sa mort, sa maison de disques, qui avait investi gros (plus de deux millions de dollars) sur cet ange depuis pas mal d'années, savait que le moment était venu pour faire tinter le tiroir caisse, après approbation de maman Buckley (Mary Guibert, qui s'était auparavant octroyé les droits de diffusions et de contrôle total des chansons de son fils après sa mort, à coups de procès).
Résultat, "(Sketches for) My sweetheart the drunk" est constitué de deux disques. Le premier composé de sessions produites par Tom Verlaine. Le second de morceaux dépouillés, enregistrés directement sur le 4-pistes de Jeff Buckley (d'une qualité alors assez variable suivant les morceaux), des mélodies inachevées, mais non dénuées d'une grâce qui sublime l'album.
Ces deux disques sont deux perles indispensables.
Même si certains proches et fans de Jeff Buckley se sont longtemps opposés à la sortie du disque, car "Jeff ne voulait pas sortir ces morceaux" (du moins pour le disque 1), les "Sketches" on rencontré le succès (meilleur score que "Grace" !), et marqueront le début d'une longue série d'albums posthumes du formidable artiste.