avec Ricardo Trepa, Catarina Wallenstein, Diogo Doria et Julia Buisel - Epicentre films - 2 septembre 2009 - 1h03
Et ta critique ?
Ce que tu ne racontes pas à ta femme ni à ton ami, raconte le à un étranger. Si l’étranger, c’est vous, alors profitez du simple conte d’un centenaire amusé.
Manuel de Oliveira a cent un ans. C’est le doyen des cinéastes. Son cinéma verbeux fait toujours et encore le plein de vitalité. Ce nouveau film est la preuve de l’espièglerie de ce réalisateur portugais. Il a encore des choses à dire et il le fait avec une subtilité charmante.
A son âge, Manuel de Oliveira se moque un peu des conventions. Son film dépasse à peine une heure et il adapte une nouvelle du XIXe siècle dans un univers contemporain. Il y a un décalage entre l’émotion très théâtrale et le quotidien à Lisbonne.
Ce qui fait d’un comptable un peu terne, un infatigable amoureux. Dans un train il raconte à une inconnue son destin. Au travail, de sa fenêtre, il découvre une jeune femme mystérieuse. Il en tombe amoureux et joue sa carrière pour imposer cette frivolité à sa très rigide famille.
Les dialogues sont pointus mais surtout il accompagne une simple et humble mise en scène. De Oliveira déconcerte par son style épuré mais il sait attirer le regard avec un sens du cadre qui montre toute sa jeunesse.
Il joue avec les détails et la profondeur de champ pour évoquer cette folie amoureuse qui bouscule la triste vie d’un jeune homme. Il parle avec poésie et humour du désir et de son aveuglement.
Car l’homme n’est pas un moralisateur mais un sobre conteur. Il compose réellement des images et avec une économie de moyens, il soulève une profondeur insoupçonnable ! L'apparente austérité cache de belles idées. Avec lui, une porte ou une fenêtre peuvent créer de troublantes émotions.
Avec son style très personnel, le cinéaste invite à un cinéma vraiment différent, lettré mais jamais snob. Il y a chez lui une vraie poésie visuelle et une tendresse moqueuse pour ses petites histoires bourgeoises. Il n’y pas que les blondes qui révèlent encore leur singularité.