Avec Arthur Mazet, Audrey Bastien, Ana Girardot et Jules Pelissier - Diaphana - 22 septembre 2010 - 1h30
Et ta critique ?
Faux semblants et faux fuyants dans un premier film réussi sur l'adolescence. C'est rare donc précieux.
Un sportif impulsif, une beauté diaphane, sa meilleure amie discrète, une punkette énervée, un premier de la classe martyrisé, une grande gueule maladroite et un disparu...
A part le dernier, les figures adolescentes du cinéma sont toutes présentes dans ce premier film qui fait peur au début. Il faut d'abord deviner que nous sommes au début des années 90. Il faut supporter une bande de potes au lycée, un peu crétin. Leurs remarques s'arrêtent à leur libido et aux bruits de couloirs dans un lycée d'Ile de France.
Le regard est froid et désabusé. Les gamins vivent dans des pavillons de banlieue qui se ressemblent tous. Les parents ont les mêmes angoisses vis à vis de leur progéniture. Le lycée au milieu d'une forêt automnale est un lieu neutre, un lieu d'étude où tout le monde voudrait être ailleurs.
La vision sociale n'est pas vraiment celle d'un teen movie mais bien d'un film français clinique et scrupuleux d'installer une bonne dose de réalisme dans le drame adolescent.
Car le lycée voit ses élèves disparaître. Simon Werner ne vient plus en cours depuis plusieurs jours. D'autres se volatilisent. Les élèves s'inquiètent. Jérémie le taciturne aimerait se soucier du sort de son pote. Mais il flashe sur la copine de ce dernier, Alice. Cette dernière assume mal son statut de canon du lycée. Et Rabié, le pauvre, doit supporter les brimades de ses camarades.
Les clichés laissent place à des êtres tourmentés et nous éclairent sur la disparition. Gus Van Sant et Larry Clark pourraient inspirer Fabrice Gobert qui, par petites touches, instaure un climat étrange, presque fantastique. Greg Araki ou même Brian DePalma sont des ombres bizarres mais présentent dans ce film protéiforme.
Les fantasmes adolescents parasitent la chronique banlieusarde. Le film s'articule sur plusieurs points de vue qui jouent avec les jeunes héros et surtout avec notre propre imagination. C'est un film stimulant et roublard. Mais ici, c'est une qualité.
Car l'auteur assume ses références et fait réellement du cinéma avec un sujet beaucoup plus noble qu'on l'imagine, de la musique (Sonic Youth), des acteurs et un scénario qui nous promène dans différents genres. La peur du début laisse sa place à une vraie admiration pour une oeuvre française qui a du culot et des idées. L'anti LOL parfait!