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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 Sigh No More

Sigh No More

. MUMFORD & SONS

(Cooperative Music - 2010)

Et ta critique ?




Ce quatuor issu de la scène néo-folk britannique (Laura Malrling, Noah and the Whale) sort de l’ombre avec un honnête album de pop lyrique aux accents champêtres, produit avec brio par Markus Drays (Arcade Fire)




Il est des albums chewing-gum, des qui s’écoutent, s’apprécient puis se jettent, des qui au fil des écoutes perdent leur saveur ; il en est d’autres qui gagnent à être connus, et dont l’écoute ressemble à un crescendo.
Sigh No More appartient sans contexte à la seconde catégorie.

Il est vrai que les premières notes du premier morceau trompent un peu leur monde : on pourrait croire à un plagiat très réussi des Fleet Foxes : harmonies vocales, guitares acoustiques à la Crosby, Stills, Nash & Young, et jusqu’au timbre de voix des chanteurs, tout rappelle les jeunes génies de Seattle. On se dit bon pourquoi pas, d’autant que la chanson n’est pas non plus honteuse.
Mais heureusement, les Mumford & Sons ont bien plus à offrir qu’une reproduction des Fleet Foxes, même si, quand ils apaisent le tempo, ils chassent sur les mêmes terres.

En fait, passé les premières minutes du premier titre, leur musique s’affirme et s’émancipe. Une sorte de rock-pop-folk épique, où le banjo s’appuie sur des orchestrations pop classiques, une fascination pour le folk britannique (décidément, après Midlake et Joanna Newsom, ça devient une manie), et une façon de partir dans des grandes envolées qui rappellent souvent les défunts Waterboys (vous savez, dans le temps, il y a un quart de siècle…).

Si l’album donne ainsi cette impression de montée en puissance, c’est que les meilleurs morceaux sont plutôt au milieu et à la fin du disque qu’au début, alors que dans la majorité des disques qui sortent dans le commerce, c’est plutôt le contraire. A partir de la jolie ballade White Blank Page, en cinquième position, les Mumford et fils enchaînent une jolie série de titres, dont le single Little Lion Man, un hit en Australie et en Irlande (on parlait des Waterboys…) qui est à lui tout seul un joli échantillon des Mumford et de cet album.

En bref une musique rock aux influences folk, et pas le contraire comme on a pu l’entendre. On est souvent plus proche d’Arcade Fire ou de Kings of Leon que de Dylan ou de Bill Monroe est ses Bluegrass Boys. La production de Markus Drays, propre et ciselée, met en valeur les chansons quand elles sont réussies (Timshel, Awake My soul), mais fait aussi ressortir par instant les faiblesses d’écriture.

Le genre folk rock ne trompe pas : point de salut sans bonnes chansons. Et ici, si on ne peut pas vraiment crier au génie, les Mumford arrivent à retenir notre attention au long de cet album plutôt prometteur. D’ailleurs on n’est pas les seuls à penser ça puisque rien moins que Ray Davies des Kinks aurait contacté le groupe pour enregistrer prochainement avec eux…




Nicolas Lejeune

© Etat-critique.com - 11/06/2010