Après le très moyen Training Day et une version bourrine de la légende du Roi Arthur, Antoine Fuqua signe là un thriller sur fond de conspiration. Le thème déjà traité maintes fois n’arrive pas à sa hausser au niveau, pourtant faible, de la concurrence. A éviter.
Dur, dur, la vie de sniper. Seul depuis que son compagnon d’arme s’est fait tuer sous ses yeux, le tireur d’élite décide de passer sa retraite comme il a vécu, seul. C’est donc dans les montagnes, éloigné de la civilisation qu’il rejette, qu’on le retrouve avec son chien, encore seul. Malheureusement pour lui, il est le meilleur de sa catégorie et des bureaucrates de Washington vont avoir besoin de lui pour déjouer un complot. Rechignant puis résigné dans un grand élan patriotique, il va accepter, car pour les aider, il est le seul.
Sa mission, simuler une tentative d’assassinat contre le président afin de la déjouer. Si un cerveau normal sentirait le piège, celui du scénariste tombe dedans et notre militaire aussi, fatalement. Traqué par les gentils et les méchants, notre bellâtre, joué par un Mark Wahlberg au regard intensément inexpressif, va déjouer le complot.
Seul, il va quand même après séduire la belle infirmière qui l’a soigné et qui se trouve être la veuve de son compagnon, celui du début du film. Il croise aussi le gentil inspecteur qui va découvrir la conspiration et remplacer le compagnon perdu au combat de notre homme qui commence déjà à se sentir moins seul ?
Pour un sniper, ne cherchez pas la finesse et la discrétion : beaucoup d’explosions et de morts violentes justifiées par la mort de son chien et le kidnapping de l’infirmière sont à prévoir. Ce sera quand même l’occasion pour lui d’utiliser sa garde-robe de camouflage dont la superbe tenue neige de la fin du film, visiblement choisie dans une collection automne/hiver de Jean-Paul Gaultier. Tout cela pour une conspiration qui remonte certes très haut, mais finalement on ne s’attendait pas à moins. Enfin, cerise sur le gâteau, nous avons même le droit à la traditionnelle scène vintage du flash-back du grand traumatisme que le héros arrive in extremis à surmonter.
On est presque surpris de la critique tout en finesse, enfin selon les critères de finesse du long-métrage, de la politique de Georges W. Bush. Devant tant de richesses scénaristiques et visuelles, cette dernière tombe malheureusement à plat. Passant en revue tous les clichés du genre, le film a pourtant le mérite d’être exhaustif. La morale finale, presque abjecte dans le contexte, laissera le spectateur cloué de consternation, comprenant face à ce film le vrai sens du mot solitude.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 17/04/2007