Avec un nom qui fait référence à l’univers des jeux vidéo, ce film d’action aurait dû offrir un spectacle nerveux et épuré. A la place, le film vomit du John Woo mal digéré sur du mauvais hard rock. Quand la série B glisse vers le Z !
Clive Owen est beau. Il a un regard ténébreux et un charisme qui ferait passer George Clooney pour Paul Preboist. Le découvrir en semi-clochard fait tiquer ! En une scène, nous sommes rassurés : son look de détritus cache en fait un homme d’action hors du commun.
Son personnage a des qualités étonnantes pour un film d’action : il est capable de descendre un maximum de mauvais gars (toujours en cuir avec des tronches patibulaires) avec une carotte. Nous sommes rassurés : Shoot’em up se permet n’importe quoi !
Notre héros est donc un type qui passe à travers des pare-brises sans se faire mal, qui saute d’un avion avec le sourire et qui ruine la tronche de 50 mercenaires avec un unique pistolet. A certains moments, le film pourrait être une version sombre du Magnifique de Philippe de Broca avec Bebel. Hélas, c’est du cinéma de Hongkong à la sauce hollywoodienne.
Cet actioner ne fait pas beaucoup rire. Face à l’intrépide héros mystérieux qui se met en tête de protéger un nouveau né, le réalisateur met l’excellent Paul Giamatti (Sideways et L’illusionniste) mais lui demande d’imiter Nicholson dans le premier Batman. Il grimace et balance des phrases définitives aussi subtiles qu’une blague carambar.
Entre les deux comédiens, il y a Monica Bellucci, aussi à l’aise dans son rôle de prostituée généreuse qu’une saucisse de Strasbourg dans un plateau de fruits de mer. Autour du trio, il y a des centaines de cascadeurs qui rebondissent dans tous les coins de l’écran à la moindre explosion ou coup de pistolet ! Ca va tellement vite que le cinéaste filme tout et rien en même temps. N’oubliez pas les gouttes pour les yeux.
Le héros passe donc son temps à réduire en bouillie les méchants et en plus, il réussit le tour de passe-passe suivant : tout en exécutant des sbires débiles du badguy, il défend la thèse d’une loi contre la vente d’armes. Si, ça, ce n’est pas se moquer du monde…
De toute manière, vous l’aurez compris : Shoot’em up est un mauvais film d’action, laid et ridicule. Sans stars et sans budget, ce serait une série Z imbécile. On en viendrait à s’installer devant la console des plus jeunes !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 25/09/2007