Avec Benedict Cumberbach, Martin Freeman, Rupert Graves et Andrew Scott - BBC - 2010
Et ta critique ?
Elémentaire mais essentiel, le vrai Sherlock c'est lui!
Steven Moffat est un génie. Cet Anglais a l’art de recycler tous les mythes de son pays pour le mettre au goût du jour. Le résultat ? Spectaculaire ! Il y a quelques années, on lui confie le fameux et très british Dr Who, institution de la télévision. Il revisite la série avec brio et offre un grand moment de télévision iconoclaste.
Il se fait un nom avec la série et fait renaître le docteur Jekyll dans une mini série haletante où toutes ses qualités d’écriture s’affirment. Il tape dans l’œil de Spielberg qui lui passe commande du scénario du prochain Tintin et la BBC le supplie de réanimer un mythe de la littérature britannique : Sherlock Holmes.
Avec Moffat aux commandes, Sherlock Holmes est franchement très à l’aise dans les années 2000. Les mystères ont changé mais ils restent nombreux. Son sens de la déduction a tout à fait sa place à l’heure d’internet et du sms.
En trois épisodes, le célèbre enquêteur, frère du ministre de l’intérieur, s’adapte parfaitement à notre époque. Il est une espèce de geek brillant et solitaire. Un « nolife » à l’intelligence fulgurante. Pour faire un peu plus bizarre, il s’entiche d’un drôle de médecin revenu de la guerre en Afghanistan, John Watson.
Le duo est décalé mais irrésistible. Les comédiens sont parfaits et visiblement jubilent en interprétant des personnages de légende. Plus jouissif encore, la mise en scène. Inspirés des livres, les intrigues des trois premiers épisodes sont pleines de suspense et de secrets.
On s’amuse beaucoup à suivre les démonstrations acrobatiques des deux héros avec en fond la mise en place d’un méchant machiavélique, le très ambigu Moriarty. La mise en scène est en osmose avec les rebonds de l’esprit de Holmes. C’est avec un sens du rythme assez surprenant que les enquêtes de Holmes se résolvent. Les tics visuels sont justifiés par la douce folie de Holmes.
Cela faisait très longtemps que des aventures n’avaient pas été aussi trépidantes à la télévision. Le monde est dangereux et Holmes déjoue les pièges les plus alambiqués. C’est un jeu mortel qui lui plait et qui nous plait. Holmes et Watson sont visiblement faits pour le XXIe Siècle !