Parce qu'elle n'est pas femme au foyer, une jeune désespérée programme sa fin. De l'humour juif et noir: un vrai plaisir!
Sheila Levine a une mère encombrante. Ce n'est plus de l'amour, ca ressemble à du harcèlement. Parce qu'elle a une soeur jolie, Sheila Levine a pris le rôle de la jeune fille ronde, pas jolie et plutôt aigrie.
Très vite, elle se protège avec un solide cynisme et une vision bien sombre de l'existence d'une célibataire qui débarque à New York. Au bout de dix ans de recherches, elle n'a jamais trouvé un homme convenable. La vie ne vaut pas le coup d'être vécue: elle va se suicider.
Car la vie new-yorkaise lorsqu'on est une jeune juive pas jolie n'est pas du tout glamour à la manière de Sex & the city. Dans les années 60, la ville est envahie de baba cools toxicos et de célibataires assoiffés de sexe.
Le sexe est triste. La boulot ressemble à une galère. Les logements sont insalubres tout comme les relations humaines. Les amitiés sont friables et les amours sont très compliqués.
Ajoutez à cela le stéréotype encombrant de la mère juive et vous aurez une vague idée du calvaire de Sheila Levine. Ecrit par une scénariste hollywoodienne, Gail Parent, le bouquin appuie exactement là où Woody Allen a trouvé sa source comique: la famille, les amours et les emmerdes!
A New York, cela donne un festival de névroses drôles et souvent cruelles. Gail Parent se moque des obsessions des mères et des filles, des mariages heureux, du sexe débridé, des traditions pressantes et du célibat épanoui.
Cet ancêtre de Bridget Jones est bien plus marrante que ses nombreux ersatz qui continuent de chercher des maris. La noirceur fait de ce bouquin, une oeuvre brillante!
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 08/02/2010