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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Shame

Shame

Steve MCQUEEN

Avec Michael Fassbender, Carey Mulligan, James Badge Dale et Nicole Beharie - Mk2 diffusion - 7 décembre 2011 - 1h39

Et ta critique ?




La chair est triste. C'est le constat de ce film glacial comme un hiver new-yorkais!


La chair est faible, c'est bien connu, mais qu'est ce qu'elle est triste! Brandon est un homme d'affaires brillant mais qui a bien le défaut d'aimer le sexe et le plaisir. Il ne pense qu'à ca. Au point d'aller se masturber dans les toilettes de son entreprise.

Son élégance et son assurance cachent bien entendu des souffrances et une grande solitude. Ce beau gosse a encore des magazines de cul dans ses tiroirs et matent des stripteases sur le net. L'homme moderne a bien du mal avec sa sexualité. Que veut dire cette hyper consommation de sexe? Comment survivre à l'Ultra Moderne Solitude? Shame ne délivre aucun message nouveau. Refrain connu. Mais le long métrage y ajoute pas mal de couplets crues pour étayer le propos.

On s'ennuie à toute vitesse. L'acteur est beau. Son intensité impressionne. Michael Fassbender donne clairement de sa personne pour interpréter ce névrosé new-yorkais. Il a confiance: le cinéaste Steve McQueen lui avait donné un rôle tout aussi physique dans Hunger, oeuvre quasi contemplative sur une grève de la faim dans une prison britannique. Dans Shame il poursuit cette idée de la radicalité.

Mais en voulant choquer le bourgeois, le réalisateur oublie de mettre en place un récit. Il fait le malin. Il soigne ses plans avec un sens du cadre clairement habile. La photo est si froide qu'un inuit choperait un rhume devant le film. Il prend son temps pour installer la colère sourde du héros à l'égard de sa vie, son passé et sa soeur qui surgit dans sa vie (voilà l'histoire du film). La malaise rampe partout.

A ce niveau là, la description de New York rappelle le Big Apple de Abel Ferrara et de son Bad Lieutenant. Un lieu de vices et de tentations.

Hélas il dilue le temps et allonge les scènes pour bien souligner les atermoiements de Brandon. Ca s'étire jusqu'à l'ennui. Pire, le film glisse sur une pente savonneuse avec un final plutôt moralisateur où Brandon paie sa frénésie de la pire des manières. Un film sur le sexe qui bande mou, avouez que ce n'est pas très excitant!


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 12/12/2011