Sébastien Tellier continue son exploration d'une musique kitsch et assumée. Cette fois ci il nous invite à de tendres ébats mais l'extase n'est pas vraiment au rendez vous.
Sébastien Tellier a un look travaillé. Comme Bertrand Burgalat ou Katherine, il s'est échappé des années 70. Il a la barbe grasse d'un gourou et les costards semblent emprunter aux fameux Messages à caractère informatif qui ont fait la joie de NPA.
Il soigne son apparence mais il y a aussi un style. Depuis son premier album, Sébastien Tellier apparait à l'extrêmité de la nébuleuse Daft punk. Musicien organique, il est atypique dans l'école Versaillaise, renommée French touch pour l'exportation.
Après l'épatant Politics, Tellier focalise son attention sur ce qui l'interesse vraiment: le sexe. Sur son nouvel album, le compositeur s'allonge sur une peau de bête et attend une généreuse compagne pour copuler. Il s'imagine en "réparateur de photocopieur" face à la pulpeuse et jeune Brigitte Lahaye.
Sexuality pourrait donc être une musique de films de cul, à l'époque où ils s'affichaient sur les Champs Elysées et narguaient la morale giscardienne. Sébastien Tellier, secondé par une moitié de Daft punk, retrouve ce style kitsch et assez musical. Il feint l'orgasme avec des musiques capricieuses, bourgeoises et cochonnes.
Plus qu'un look, Sébastien Tellier a du style. Pourtant ce nouveau disque déçoit. Le coté éparpillé de Politics, son précédent album, a disparu. Les titres se concentrent sur la parodie et, après plusieurs écoutes, l'ensemble a peu de saveur.
A trop prendre la pose (même amusante), Sébastien Tellier fige sa musique. Le coté musique de chambre accouplé à un son d'ascenseur fait rire un temps mais très rapidement, Tellier s'obstine sur son concept. Répétitif (sauf les chansons où Tellier chante en français), le funk de Sexuality réveille un soupçon, celui de l'ironie devenue cynisme, celui d'un coït de plus en plus simulé...
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 03/04/2008