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Vendredi 25 Mai 2012Livre

 Sexe, sang et rock’n’roll

Sexe, sang et rock’n’roll

Jean-Paul BOURRE

Scali - 280 pages

Et ta critique ?




Le point commun entre Ozzy Osbourne, Michael Jackson, Charles Manson, Kurt Cobain, Jim Morrison ou AC/DC ? Le rock comme bande-son d’une litanie de vies sauvages et de morts sanglantes. État des lieux avec Jean-Paul Bourre.


La saga des morts violentes est longue dans l’histoire du rock et c’est un florilège édifiant de ses histoires les plus emblématiques que propose Jean-Paul Bourre dans l’excellente collection "musicale" dirigée par Patrick Eudeline chez Scali.

En balayant un siècle de bruit, de fureur, de dope, de frime et de sang, il brosse quelques portraits remarquables d’artistes et/ou de tueurs psychopathes qui pousseront jusqu'à leur ultime limite la devise emblématique du rock : sex, drugs (and blood) and rock'n'roll !

Au Panthéon de cet enfer sur terre, c'est Leadbelly qui ouvre le bal des maudits. On est dans les années 20 et le chantre du folk blues, né dans une plantation de coton de Louisiane, n’aime rien tant que se balader un colt à la ceinture… et en faire usage. Entre deux séjours au trou (voire pendant ses incarcérations !), il trouvera le temps d’enregistrer quelques centaines de titres et de connaître son quart d’heure de gloire à l’aube des 50’s avant de mourir… dans son lit, terrassé par la maladie.

Bertrand Cantat a, pour sa part, l’honneur discutable du vingt-quatrième et dernier chapitre intitulé L’enfer d’une nuit, à Vilnius.

Entre les deux, oncle Jean-Paul (sexagénaire toujours vert à l’histoire personnelle ex-tra-or-di-naire) aura évoqué, dans le désordre, les épisodes les plus noirs de la légende du rock : Brian Jones et le bleu profond des piscines, le diable à Altamont (les Rolling Stones encore), La traversée des portes (Jim Morrison), La descente aux enfers de Sid Vicious, Les derniers jours de Kurt Cobain, etc.

Mais surtout, il aura escaladé son sujet par une autre face, beaucoup moins fréquentée : celle de l’influence du rock sur certains des pires fous criminels des soixante dernières années : Charles Manson, bien sûr, mais aussi Charles Starkweather, Ian Brady et Myra Hindley (Les tueurs de mods), Richard Ramirez (Le traqueur nocturne) ou Florence Rey (La madone électrique)…

Ne manque que Cho Seung-hui, le jeune Coréen auteur de la récente tuerie de Virginia Tech (32 victimes à son "tableau de chasse"), dont on sait aujourd’hui qu’il carburait à Nirvana, Led Zeppelin et Collective Soul !

Dense, épuré, parfait petit musée des horreurs à l’usage des jeunes générations, Sexe, sang et rock’n’roll se dévore avec le plaisir teigneux que l’on a toujours à balancer Never mind the bollocks à fond sur la chaîne familiale ou à monter le volume et appuyer sur l’accélérateur aux premiers accords de London calling !


Joël Fompérie

© Etat-critique.com - 11/07/2011