Bip bip et le coyote, voilà à quoi jouent les deux comiques ! Ils se sont offerts un décor magnifique mais complètement vide. Il ne faut pas alors s’étonner de trouver tout cela un peu creux !
Eric et Ramzy ne veulent pas grandir. Leur marque de fabrique ce sont les jeux de mots foireux et très enfantins. Ce sont deux grands dadais, joyeusement ignorants et souvent attachants.
Dans Steak, une poésie se dégageait de leur humour régressif. Dans Seuls two, quelques gags bien absurdes profitent de l’idée simple et efficace des deux humoristes. Ils vident Paris de ses habitants.
Le spectacle de la ville abandonnée est magnétique. Paris devient une aire de jeu pour Eric, le policier et Ramzy, le voleur. Le premier cherche des habitants avec l’aide du bottin et le second se promène en ville dans une Formule un.
Ils se chamaillent et s’imaginent dans un dessin animé de Tex Avery. Leur premier film en tant que réalisateurs est un bel hommage à l’amitié. Le concept devrait fonctionner. Hélas, la folie du duo use rapidement les nerfs.
Le non sens est une science que les deux hommes ne maîtrisent pas vraiment. Il y a de bonnes idées mais elles ne sont pas exploitées. Le scénario est lâche tandis que les deux personnages arrivent à devenir antipathiques à force de stupidités !
Ca part dans tous les sens. Les intentions sont là mais au final, Seuls two ressemble à un drôle de patchwork, assez brouillon, maladroit (donc attachant) et parfois bizarre. On est tout de même plus proche des Charlots que de Raymond Devos.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 17/07/2008