Dernier volet de la trilogie de Will Ferrell consacré au sport, Semi pro continue dans le comique régressif et jouissif. Moins définitif que les autres films, cette comédie vide gentiment notre cerveau et attise le cœur.
Will Ferrell est il malveillant avec le sport ? Cela a commencé avec le Nascar et Ricky Bobby, roi du circuit ou tout simplement le film le plus absurde et con vu sur un dvd. A ce niveau là d’idiotie assumée, le film aurait mérité une sortie sur grand écran. C’est un chef d’œuvre.
L’humour déroutant et surchargé du comique s’est déversé ensuite sur le monde du patinage avec l’excellent Rois du patin. Là encore, Will Ferrell compose un crétin génial et fantasque. Le film dépeint un univers fait de suffisance et d’excès avec un humour ravageur. Au delà de la parodie, on y croit !
Désormais la star du Saturday Night Live s’en prend au sport roi aux Etats Unis, le basket. Se rendant compte que le sujet est cette fois ci, sensible, il détourne alors son sens de la dérision vers les années 70 et ses fantasmes. Le film peut se voir comme un catalogue du mauvais goût de cette décennie.
En 1976, auteur d’une chanson funk qui lui a offert la fortune, Jackie Moon est propriétaire, coach et joueur des Flint Tropics, une équipe vraiment mauvaise de seconde division, appréciant plus la bagarre que l’art de la passe. Complètement nuls, les membres de l’équipe n’ont qu’un rêve : atteindre la quatrième place du classement et rentrer dans la richissime NBA…
Jackie Moon est un imbécile heureux. C’est là que Will Ferrell se transcende. Une fois de plus, il magnifie la bêtise et la satisfaction. En star déclinante, le géant scotche tout le monde avec cette énergie à se vautrer dans les énormités, les moins racontables…
Au delà de la stupidité du rôle, ce comique complètement débridé est aussi très attachant. Dans son film, il a du mal à garder un rythme et des gags efficaces mais il aime ses personnages.
Semi pro déçoit par apport aux deux précédents volets mais continue à délivrer des histoires tendres sur des marginaux, aveuglés par des rêves américains jusqu’à la parodie. Il y a une infinie tendresse qui se dégage de ce film, remake fanfaron de La castagne de George Roy Hill, avec Paul Newman en hockeyeur sur le retour.
Bourré de défauts, Semi pro est un semi bon film car sa générosité réchauffe le spectateur et permet d’oublier les nombreuses fautes, qu’il ne faut pas siffler !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 19/05/2008