RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Sélection Cannoise

Sélection Cannoise

sur le FESTIVAL DE CANNES

Et ta critique ?




Les stars vont se promener sur le plateau de Canal plus. Des images de fêtes démesurées vont apparaître sur nos petits écrans. Stars et starlettes vont porter des lunettes de soleil. Le champagne, les excès et le glamour seront au rendez vous pour une dizaine de jours. Cette folie cannoise ferait presque oublier la compétition, obligatoirement moins futile.


C’est ce décalage qui intrigue : le délire mondain du festival et une programmation apparemment exigeante, parfois sombre et située à l’extrémité des vapeurs alcoolisées et tristement futiles. Durant 10 jours, le festival se vendra autour des fêtes et de la présence d’acteurs magnifiques. Ici on vous fait part que quelques enjeux artistiques, nettement plus intéressants.

En premier lieu, pour ses 60 ans, le festival a fait appel, dans sa sélection officielle, des valeurs sûres. Les programmateurs continuent de chouchouter de grands cinéastes pour qui le festival fut une étape importante. Quatre cinéastes, lauréats de la Palme d’or, viennent avec leur nouveau film.

Gus Van Sant, Emir Kusturica, les frères Coen et Quentin Tarantino vont profiter de la concentration médiatique pour lancer leur nouvelle œuvre. Dans le cas de Tarantino, c’est un peu spécial. Son film est la version longue du double programme qu’il a réalisé avec Robert Rodriguez, Grindhouse. Le "double feature" a fait un four aux Etats-Unis. Les producteurs tentent donc de sortir les films différemment. Ils sont remontés et vendus indépendamment.

D’autres noms liés à l’histoire du festival seront présents en compétition officielle. Le film d’ouverture est aussi le plus mystérieux. Evidemment il est signé Wong Kar-Wai qui a pris l’habitude de venir à Cannes dans l’urgence, avec le montage final à peine conclu. My blueberry nights est sa première mise en scène occidentale où la chanteuse Norah Jones parlera d’amour avec Jude Law, Rachel Weisz, Natalie Portman ou encore Tim Roth.

Plus austère et toujours étonné d’être sélectionné, Alexander Sokourov ! Formaliste russe, Sokourov représente le cinéma le plus élitiste, et pas pédant, présent au festival. Son film, Alexandra fera oublier un peu les paillettes puisqu’il traite de la Tchétchénie. Plus discrète, la lauréate de la caméra d’or en 1997, Naomi Kawase est elle aussi une habituée du festival. Elle revient avec La forêt de Mogari.

D’ailleurs cette année, le cinéma asiatique est moins présent. Ce cinéma, commercialement, de plus en plus efficace, est un peu délaissé et le festival a mis en avant des vrais auteurs. Lee Chang-dong, avec Secret Sunshine, et Kim Ki-duk, avec Souffle, sont sud-coréens et les fers de lance d’un vrai cinéma d’auteur, élégant et atypiques. Leur exotisme devrait être remarqué.

Puisque l’on voyage, le cinéma de l’Europe de l’est est bien représenté ! Il y a Sokourov et Kusturica. Il y a aussi l’Autriche (Import export), la Roumanie (4 mois 3 semaines et 2 jours), la Russie (Le Bannissement), la Hongrie (L’homme de Londres) et l’Allemagne. Cette dernière, dont la qualité est célébrée en ce moment, offre à Cannes, son film le plus attendu, De l’autre coté.

Ce film sur le destin de six personnages entre la Turquie et l’Allemagne est le dernier effort de Fatih Akin. Ce nom ne vous dit rien c’est pour l’homme responsable de l’un des plus beaux films de ces dernières années : Head-on. La sensibilité à fleur de peau de la réalisation rappelle à quel point la fiction peut révéler des difficiles ou belles vérités.

Le festival permettra peut être de comprendre autrement la situation au proche orient avec le dessin animé, Persepolis, adaptation de la bande dessinée de Marjane Satrapi et le film israélien, Tehilim de Raphael Nadjari, connu pour ses œuvres réalistes filmées en 8 mm.

On peut aussi offrir un tout petit paragraphe pour le film Lumière silencieuse du mexicain Carlos Reygadas, connu à Cannes pour le très controversé La bataille dans le ciel et Japon. Il est l’unique représentant du cinéma sud américain ce qui est un peu une surprise en France, où l’on apprécie particulièrement ce cinéma (surtout argentin).

Si les cinéastes américains palmés sont présents, d’autres, plus tournés vers le film de genre, viennent sur la croisette. On est très curieux de voir La nuit nous appartient, nouveau polar new-yorkais de James Gray, responsable de jolies pépites sombres comme Little Odessa ou The yards, sélectionné en 2000 à Cannes. Cela faisait sept ans que Gray n’avait pas fait de film et il retrouve pour l’occasion l’excellent Joaquin Phoenix.

Autre polar attendu, Zodiac ! Le film s’inspire d’une histoire vraie sur un serial killer très tordu. C’est le nouveau film de David Fincher qui avait secoué le public avec le pluvieux Se7en. Enfin le film réunit un casting original puisque sans star mais avec des talents confirmés : Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo et le ressuscité Robert Downey Jr.

Enfin les représentants tricolores sont tous des petits nouveaux sur la Croisette. Ils sont déjà venus mais n’ont pas connu les joies de la sélection officielle. Catherine Breillat tentera de faire rougir les festivaliers avec Une vieille maîtresse avec la jeune et écorchée Asia Argento. Christophe Honoré, auteur très film français, accompagne Ludivine Sagnier et Louis Garrel sur le tapis rouge du bunker pour Les chansons d’amour, comédie où la musique a évidemment un rôle essentiel. Enfin, réalisé par l’américain Julian Schnabel, Le scaphandre et le papillon est un film français. Interprété par Mathieu Almaric,Emmanuelle Seigner, Marie-Josée Croze, le film est inspiré de l’expérience de Jean Dominique Bauby, paralysé complètement et ne pouvant communiqué uniquement avec son œil.

De tout cela, Stephen Frears, cinéaste habile, en période de réhabilitation, devrait, avec son jury, présenter un bilan que l’on espère original et culotté. Ce 60e festival compose entre tradition et nouveauté. L’équilibre est fragile mais permet tout de même de prendre conscience de l’importance de l’art dans la cité. Du moins, ce constat est faisable si on oublie le cirque barnum présent tout autour !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 17/05/2007