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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Séduction en mode mineur

Séduction en mode mineur

Gary WINICK

Avec Sigourney Weaver, Bebe Neuwirth, Aaron Stanford et John Ritter TF1 Video – 2002 – 1h15

Et ta critique ?




Un réalisateur inconnu réunit des acteurs épatants dans une petite comédie indépendante et très new yorkaise. Le résultat est évidemment exotique et donne envie d’aller se promener en amoureux à Central Park. Une belle carte postale !


Oscar a 15 ans. C’est un élève brillant qui voue un culte à Voltaire, notre philosophe fou de liberté et d’aventures. Oscar ne s’intéresse pas aux filles. Il aime les femmes et plus particulièrement Eve, sa belle mère, scientifique un peu effrayée par le temps qui file.

Tombé au fond d’un verre, un soir de déprime amoureuse, Oscar finit dans le lit de Diane, la meilleure amie d’Eve. Bien entendu, les quiproquos et les ennuis commencent. Sur un scénario qui aurait emballé Robert Lamoureux, Gary Winick réussit à éviter la comédie de boulevard, si chère à nos salles de théâtre climatisées.

C’est grâce à l’age du jeune amoureux que le film ne se prend pas les pieds dans les lourdeurs les plus éculées. Le film traite de la sexualité adolescente et du fantasme que représente la femme d’âge mûr. La maîtresse explique même la fougue du jeune homme part ses origines françaises.

Là aussi le film amuse. Gary Winick rend un hommage appuyé à la culture française. Il filme cela comme les premiers Godard, avec des gros défauts techniques et narratifs en plus. Il cite la nouvelle vague et les philosophes. Il aime visiblement la liberté et l’esprit de jouissance qui habite ce fier à bras de Française. On appréciera l’image de la France dans les milieux intellectuels de Manhattan.

Car le film est vraiment une œuvre new-yorkaise, convoquant aussi Woody Allen et ses atermoiements existentiels. Le décor est connu et toujours aussi charmant. Les héros du film sont beaux, polis, intelligents et jamais avares de bons mots.

Reste toujours ce problème de technique. C’est le minimalisme assumé au niveau de la mise en scène. Heureusement le réalisateur est sauvé par des acteurs épatants.  Le charme de Sigourney Weaver n’est plus à prouver. La voir dans une petite production est un délice. Mais elle forme un sublime duo avec Bebe Neuwirth, star de Broadway mais actrice discrète sur grand écran. New yorkaise jusqu’au bout des doigts, l’actrice, découverte dans la série Cheers, révèle un charme atypique et ambigu. On ne comprend plus pourquoi Oscar ne craque par pour cette fière maîtresse. Les hommes sont pas mal non plus et  Séduction en mode mineur reste un tout petit film qui a la même qualité que son titre : mineur.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 04/04/2008