RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Secret Sunshine

Secret Sunshine

Lee CHANG-DONG

Avec Jeon Do-yeon, Song Kang-ho et Cho Young-jin - Diaphana Films - 17 octobre 2007 - 2h30

Et ta critique ?




Sombre et pourtant lumineux, Secret sunshine explore les thèmes du deuil et de la fatalité avec une maîtrise et une profondeur émouvantes. Un "ensoleillement secret" d'une intensité rare.


Jeune veuve, Shin-ae décide de quitter Séoul avec son petit garçon pour s’installer à Miryang, la ville natale de son mari décédé. Entre ses cours de piano, ses nouvelles relations et Jong-chan, le patron d'un garage qui tente de se rapprocher d'elle, cette jeune femme douce et discrète débute une nouvelle existence. Jusqu'au jour où la tragédie frappe encore. Face à ce nouveau drame, Shin-ae va tenter de redonner un sens à sa vie.

En deux heures trente et un Prix d’interprétation féminine (cette année à Cannes), Secret sunshine est de ces films marquants qui laissent le spectateur figé sur son fauteuil longtemps après que les lumières se sont rallumées.

Rien de particulièrement spectaculaire pourtant dans le mélodrame écrit et réalisé par Lee Chang-dong (ex-Ministre de la Culture coréen). Rien sinon la profonde dimension humaine qui se dégage de chaque scène, de chaque situation, de chaque plan. Rien sinon la profonde fragilité de personnages qui semblent incarner au plus près de la réalité la complexité enfouie en chacun de nous.

Le rôle magnifique tenu par Jeon Do-yeon est à ce titre emblématique de l'ambition de Secret sunshine. En passant par tous les états, tous les sentiments, de la comédie romantique à la douleur atroce du drame personnel, l'actrice balaie le spectre complet des sentiments et donne une valeur universelle à sa destinée propre.

De cette perle de sensibilité et de justesse nait une empathie totale, une nécessité irrépressible d'accompagner Shin-ae jusqu'au bout de son travail de deuil, jusqu'au bord d'une folie que l'on espère rédemptrice, mais qui s'avère sans issue.

En ouvrant son film sur un ciel bleu plein d'espoir et en le clôturant sur la flaque d'eau souillée d'une arrière-cour, Lee Chang-dong ne dissimule rien de ses intentions ni du pessimisme absolu de son message. On est dans la noirceur lucide et hypnotique de la vie même.


Joel Fompérie

© Etat-critique.com - 27/10/2007