Maltraité par le réseau hertzien, Scrubs, rebaptisé Toubib or not toubib, est l’une des meilleurs séries comiques. Elle se termine aux Etats Unis cette année. Hommage à sa bonne humeur!
Le schéma de la série médicale est assez classique : des petits nouveaux innocents et des vieux briscards du bistouri cohabitent dans un hôpital et rencontrent des problèmes d’éthique et de cœur.
De Docteur Kildare à Grey’s Anatomy, le quotidien médical ressemble à la télévision, à un imbroglio professionnel et personnel.
En 2001, le créateur du décapant Spin City, Bill Lawrence, décide de parodier ce genre qui connaît à l’époque son apogée avec les succès conjugués d’Urgences et La Vie à tout Prix. Cela donne donc Scrubs, vision déformée et hilarante de la vie hospitalière.
Ici, le petit nouveau, JD, est un rêveur, maladroit et romantique. La jeune recrue c’est une délicieuse blonde, Elliot, souffrant d’un manque de confiance très important. L’apprenti chirurgien, Turk, est une grande gueule calmée par la piquante infirmière en chef, Carla. En face d’eux, il y a un médecin cynique, un médecin soupe au lait et un concierge machiavélique.
Au fil des saisons, tout le monde reste à sa place malgré l’expérience engrangée par les novices. Ils ont certes des responsabilités, mais ils s’étonnent toujours autant des mauvais coups de leurs aînés et de leurs proches.
Le principe d’observer l’hôpital à travers l’imagination de JD marche à plein régime. Les gags se succèdent à cadence inouïe et c’est une surprise de voir à quel point les auteurs maintiennent le rythme à chaque saisons
Scrubs est une version médicale de Parker Lewis ne perd jamais. L’humour à la mitraillette, une mise en scène acrobatique, des interprètes (dont l’excellent Zach Braff) déchaînés, des petites morales à chaque fin d’épisode, une bande-son charmante : le traitement est le même que celui de la série adolescente des années 80.
L’ensemble est même plus intéressant car la parodie du genre se transforme très souvent en satire de la vie américaine. Scrubs scrute l’immaturité qui habite ses grands enfants que sont les Américains. Leur refus de la maladie, la douleur ou la mort représente une étrange toile de fond pour une vraie comédie, aussi réussie que Mash.
Les neurasthéniques, les hypocondriaques et tous les amateurs d’humour doivent se procurer les coffrets. Loin des rhumes et des coups de froids, ils pourront passer devant leur télé, de chaudes et drôles de soirées!