Avec Neve Campbell, Emma Roberts, David Arquette et Courteney Cox - SND - 13 avril 2011 - 1h45
Et ta critique ?
Opportuniste, ce nouveau Scream a le grand mérite de surprendre. On n'en attendait pas tant!
Quel est ton film d'horreur préféré? Des petites jeunes qui se font éventrer ou des vieilles actrices qui tentent de cacher le temps qui passe en se tirant les peaux?
Les dix premières minutes de Scream 4, 11 ans après le dernier, font peur. Pas dans le bon sens. On voit des ravissantes idiotes répondre au téléphone avant de se prendre un coup de couteau sur leurs délicieuses plastiques de starlettes!
On retrouve le goût du duo Wes Craven-Kevin Williamson pour la mise en abime du genre et des références connues de tous les adolescents américains. Puis déboulent les rescapés des anciens Scream.
Si on ressent toujours une tendresse pour Neve Campbell, on prend en pitié cette pauvre Courteney Cox refaite de partout et son ex compagnon David Arquette, toujours réduit à jouer les imbéciles.
Scream 4e du nom a tout du produit arriviste. Craven n'a pas connu de succès depuis longtemps. Les acteurs non plus. Kevin Williamson, scénariste et producteur, fut même en disgrace avant de revenir avec la série nunuchovampirique, Vampires Diaries.
Tout est réuni donc pour un film d'horreur où l'on remet les pendules à l'heure et les références au goût du jour. Les jeunes d'aujourd'hui sont sur facebook, utilisent twitter et savent que le net a fait rentrer leur génération dans une société médiatique.
Tout le monde peut être connu. Par hasard. Par volonté. En faisant quelque chose de mal. En faisant quelque chose de bien. La célébrité peut être accessible en un seul clic.
C'est une motivation assez sérieuse pour le nouveau Ghostface. Ce n'est plus un fan d'horreur. C'est juste une personne de son époque qui préfère avoir des fans que des amis! Pourtant dans un monde virtuel, pour se faire remarquer il faut parfois aller loin dans l'horreur, la plus terre à terre. Comme éventrer le maximum de victimes!
Sidney Prescott, Gale et Dewey vont donc devoir affronter toute la mythologie qui est né de leurs précédentes aventures, dix ans après. A Woodsboro, ils replongent dans une grande partie de Cluedo où tout le monde est un coupable en puissance.
Wes Craven sait organiser la partie. Avec Kevin Williamson, leur mise à jour redonne du fouet au genre, singulièrement limité au torture porn (style Saw ou Hostel). On avait oublié qu'un film d'horreur pouvait être ludique. Il fait même réfléchir. Comme d'habitude chez Craven, la morale est un peu douteuse (la société d'aujourd'hui marche sur la tête) mais le spectacle est rondement mené.
Les comédiens jouent avec un habile second degré. Les vieux briscards retrouvent leur jeunesse avec les débutants pas si naïfs que cela. La mise en scène nous perd entre les ambiguités de l'écriture, des personnages et des décors puis on se fait avoir par un final réussi.
L'air de rien, le slasher dans sa grande tradition, nous avait manqué. Craven et Williamson le célèbre de nouveau avec une belle virtuosité et un vrai sens critique. En plus d'un coup de couteau, on peut se permettre un coup de chapeau! Quel est ton film d'horreur préféré? Pour l'instant, y a pas photo, c'est cette surprenante suite!