Réadaptation de l’histoire à l’origine du Truman Capote avec l’oscarisé Philip Seymour Hoffman, cette variation sur le même thème aura le mérite de contenter ceux qui n’avaient pas apprécié le premier. Les autres s’abstiendront.
Hollywood nous avait habitué aux remakes mais cette fois-ci un pas de plus est franchi. Un an après le film de Bennett Miller sort un autre prétendant qui, d’après la phrase d’accroche, compte nous en apprendre plus sur l’histoire de la couverture d’un meurtre sordide au Texas par un écrivain qui en fera son chef d’oeuvre. Prose mercantile mise à part, ne cherchez pas de différences flagrantes entre ces deux films car elles existent plus dans la forme que dans le fond.
Tout commence dans un club enfumé de New York. La voix suave de Gwyneth Paltrow se fige et se transforme en un chant du cygne qui aura une valeur prophétique pour le dandy attablé devant elle. Ce petit être à la voix horripilante n’est autre que Truman Capote, écrivain à la petite semaine se nourrissant de tous les ragots que l’univers des mondanités a à lui offrir. Un fait divers va l’entraîner dans l’Amérique profonde afin de faire un roman de ces évènements tragiques.
On ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec la précédente interprétation qui a valu l’oscar à Philip Seymour Hoffman. Si ce dernier réussissait à donner une vraie psychologie au personnage en choisissant la retenue, il faut admettre que Toby Jones a mieux réussi à refléter la vraie nature de Capote en y mettant de la couleur. En le rendant encore plus détestable mais plus humain, l’histoire gagne en cohérence et en adhésion du spectateur.
Sous la forme d’un faux docu-fiction, entrecoupé d’entrevues avec les acteurs du film, le long-métrage ne choisit pas entre le film procès et l’enquête policière donnant un résultat aussi inattendu que réussi. Sandra Bullock, après Collision, prouve une nouvelle fois que son allure de gourde finie n’est due qu’à une malédiction de casting puisque son interprétation est à la fois juste et touchante. Transcendée physiquement, son jeu apporte un réel souffle de fraîcheur au jeu outrancier de Toby Jones aurait pu finir par lasser autrement.
Chronique d’une déchéance annoncée, le film n’évite les écueils du mélodrame facile sur la fin. Reste une production honorable qui ne fera ni date dans l’histoire du cinéma ni l’unanimité du public malgré ses qualités et son ambiance originale.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 04/04/2007