L’idée était bonne : demander à des proches de se rappeler leur plus grande honte. Charles Gancel les a rassemblées, mais n’a pas réussi à leur donner la dimension tragi-comique que l’on espérait.
“On rougit toute sa vie de sa plus grande honte” proclame, prometteur, le bandeau écarlate (comme il se doit) qui entoure le dernier recueil de nouvelles de Charles Gancel. Hélas, la dizaine de textes qui constituent l’ouvrage ressemblent trop souvent à d’aimables bluettes qui ne feraient pas même rosir un enfant de six ans.
Le style gentiment désuet de l’auteur n’est sans doute pas étranger non plus à la fadeur générale d’un plat que l’on attendait plus épicé.
Alors on se balade sans grande conviction dans cette collection de petits embarras du quotidien qui relèvent plus souvent du problème domestique que du réel cataclysme social annoncé.
Dispute de couple, problème d’argent, préjugé racial, incompréhension mère-fille, etc. Rien que de très banal finalement. De ces histoires que l’on se raconte, les soirs d’été, en confidence tardive et arrosée, entre amis de longue date. Nous ne sommes malheureusement pas les amis de Charles Gancel, ce qui retire à ces anecdotes le seul maigre intérêt qu’elles pourraient éventuellement présenter : associer chacun de ces “petits secrets” à un visage familier.
Et l’on se dit finalement que Coups d’épée dans l’eau aurait sans doute mieux convenu que Scalpels pour donner un titre adapté à cet ouvrage dispensable.
Joël Fompérie
© Etat-critique.com - 11/09/2007